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siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz.

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MessageSujet: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyDim 28 Oct - 18:37

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 197849siamson1bis
tu reviendras peut être comme on revient toujours, et mon cœur à la fête en redemandera sans doute, et tu me laisseras comme ça, comme un con sans abri.


Le Big Bang. Tout un tas d'études, de questions, de recherches, simplement pour savoir comment tout a commencé. On devrait plutôt s'intéresser à la manière dont tout va se terminer. Est-ce qu'on va crever asphyxiés dans notre propre merde ? Est-ce qu'on va s'entretuer avec des bombes atomiques ? Est-ce qu'on va créer des maladies incurables qui nous élimineront un par un ? Y'a des milliers de possibilités à vrai dire. La débilité humaine n'ayant strictement aucune limite, rien ne me surprendrait vraiment. Ce qu'il y a de regrettable, c'est que je ne serai probablement plus là pour le voir. C'est frustrant je trouve. Aussi frustrant que de commencer un livre dont il manque les dix dernières pages. Mais de toute façon, même si je ne saurais pas le pourquoi, je sais déjà ce que ça fait. La fin du monde. C'est quand plus rien n'a de sens. Quand ça fait tellement mal qu'au final on ne ressent plus rien. Ni même l'envie d'aller pisser. Rien du tout. Quand maman est partie, j'ai cru que ça serait ça jusqu'à la fin de ma vie. Puis Siam est arrivée. Ça a pris du temps, mais elle a su redonner un sens à tout ça. Elle a su me donner un peu d'espoir, un peu d'envie. Un peu de vie, tout simplement. Mais elle est partie elle aussi. Depuis maintenant huit jours. Elle part toujours de toute façon. Puis elle revient, l'air de rien. Comme un cheveu sur la soupe. Comme si ce n'était rien, comme si c'était normal. Sauf que moi, ça me tue. Et à chaque fois je me demande si ça sera définitif. Si je dois tourner la page. Si je dois arrêter d'y croire. Si je dois balancer ses affaires par la fenêtre. Et si je peux balancer mon amour pour elle en même temps que ses petites culottes qui trainent au fond du tiroir. C'est dur bordel. Je crois même que si elle revient, je la foutrais à la porte. Avant qu'elle ne me vide du peu de force qu'il me reste.

J'écris pour Aliénor. Comme tous les mois. Je voudrais pouvoir lui parler de tout, me confier à elle. Mais alors, elle me répondrait quoi elle ? Qu'elle n'a plus de mère, qu'elle est seule avec un père devenu alcoolique qui a oublié qu'elle existait, et que tout est à cause de moi ? Ça serait tellement égoïste. La seule chose que je puisse faire, c'est de lui souhaiter le meilleur, et de lui demander de faire attention à elle. Alors c'est ce que je fais. Depuis maintenant plus de deux ans. C'est ce que je fais une fois par mois. Mais j'aurais beau le faire encore et encore, ça ne suffira jamais. J'entends un bruit. C'est la porte d'entrée qui s'ouvre. Siam. La haine me monte au coeur. Mon amour se tait. Il s'est fait la belle quand elle a franchi cette même porte il y a plusieurs jours. Il reviendra, peut-être. Plus tard, mais pas maintenant. "J'me disais bien qu't'avais oublié tes culottes." Elles sont là, depuis une semaine, posées sur la commode de l'entrée. Je les attrape, et lui les lance au visage une par une, jusqu'à la dernière.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyDim 28 Oct - 21:10

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 251777siamson2
l'horreur des injures, je te jure, on aurait du passer tout ça, recoudre un peu nos déchirures mais la mémoire non n'est pas neuve et ma violence n'est pas nouvelle, ces écorchures au fond de moi au goût d'enterrement parfois.


Faudrait qu'on leur foute la paix. Je balance des coups de pied dans la terre, je piétine les fleurs qui jonchent le sol sous lequel pépé repose et je me dis qu'il faudrait vraiment qu'on leur foute la paix, qu'on arrête avec tout ça. Les pierres tombales sur lesquelles sont inscrits des noms que personne ne prend la peine de lire, les bouquets de fleurs qu'on laisse faner avec ceux à qui ils sont destinés, les photos qui ont perdu tout leur éclat après les rafales de vent et les tempêtes de pluie. Je sabote ce qui sert de tombe au vieux et je ne peux pas m'empêcher de plaindre ceux d'à côté, ceux qui ont de vraies plaies en guise de proches, le genre de plaies qui regardent le calendrier chaque premier du mois pour se rappeler qu'il est temps d'aller changer les fleurs et de pleurer un peu. Et tant pis si ça fait bien longtemps que le chagrin s'est enfui, tant pis s'il n'y a plus rien à vider. Je jette un vague coup d'oeil aux alentours et j'ai des envies sombres à crever. Poser une bombe dans ce cimetière et me barrer en riant. M'enterrer avec pépé et cracher à la gueule de quiconque s'approcherait de nous. Le problème, c'est que personne ne viendrait. A part Samson, bien sûr. Parce que c'est son boulot, parce qu'il est payé pour nettoyer la merde qui élit domicile devant ces croix bousillées par le temps. Il peint, retape, décore en espérant redonner un peu de vie et à chaque fois que je le regarde faire trotte en moi un sale sentiment de pitié. Comment pourrait-il redonner un peu de vie à bouffer à ces morts ? Ou tout simplement, comment pourrait-il offrir ce truc appelé espoir dont il ne connait plus rien ? Il ne peut pas. Et j'crois que c'est pour ça qu'il continue, parce qu'il se fout bien de passer ses journées ici ou là-bas. Peut-être même qu'il s'est habitué à tout ça et que la mort lui paraît bien moins glauque que la vie.

Je grimpe les escaliers quatre à quatre, comme si j'étais pressée de passer le pas de la porte et de le retrouver. Lui et sa gueule d'abîmé. Comme s'il avait manqué à mes jours, un peu à mes nuits. Comme si l'écho de sa voix se faisait peu à peu la belle dans mon esprit et qu'il fallait que je m'en imprègne à nouveau. C'aurait pu être vrai. Sauf que je crois bien qu'il a arrêté de me manquer et que huit jours sans lui sont aussi fades que huit jours avec. Alors quand j'ouvre enfin la porte qui me sépare de lui, je ne m'attends à rien. De toute façon, Samson et moi, on n'a jamais été comme cul et chemise, on n'a jamais été du genre à s'aimer à la vie à la mort. « J'me disais bien qu't'avais oublié tes culottes. » Je compte jusqu'à onze. C'est le nombre de sous-vêtements que je me reçois dans la gueule. Onze. C'est aussi le nombre de secondes que je passe à essayer de trouver quelque chose à répondre à ça. Mais y'a rien qui vient. Il est là, comme un con qui a l'air amoureux et ça sonne si faux que ça m'assomme un peu. « Salut. » Je me rends compte que ça fait plus de trois jours que je trace mon chemin sans adresser la parole à personne. Pas un mot depuis trois jours. Rien. Du silence et c'est tout. « C'est quoi, ça ? » demandé-je en désignant du menton le bordel qu'il vient de foutre. Et c'est peut-être bête mais j'suis certaine de ne pas seulement parler du sol mais du foutoir tout entier qu'il a mis dans ma vie d'jà pas mal cabossée.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyLun 29 Oct - 20:41

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 782049siamson3
these days are gone, loud enough to hold on. i think about the time we wasted, i think about the years to come, it's getting late and i can't call, it's getting late to face it all. i think about the time we wasted, my loneliness has slowly grown, i told you not to cross the line & leave me with your love for granted.


Elle est là, avec son visage d'ange. Peut-être qu'elle pense que ça suffit. D'avoir un visage d'ange. Que ça suffit à se faire pardonner, et qu'elle peut tout faire tant qu'au final elle revient avec son beau petit visage. Et peut-être que quand elle aura pris une ride, elle ne reviendra plus. Pas seulement parce que son beau visage d'ange aura changé, mais parce qu'elle se sera rendue compte que le temps passe, et que sa vie n'est pas ici. Que je suis comme son grand-père, qu'un passager temporaire. Peut-être que bientôt je finirai dans un trou moi aussi, au fin fond de ses souvenirs. Enfermé dans une boite comme Alistair. Une petite boite pleine de photos. De photos de gens qu'elle aura croisé, mais dont elle aura oublié le prénom. Comme elle oubliera le mien. Parce que c'est ce qu'elle fera, je le sais, je le sens. Siam est un électron libre. Le monde entier est sa maison. Pas seulement Bridgeport, pas seulement moi. Non, surtout pas moi. Peut-être ne suis-je que son paillasson. Et que quand elle aura fini d'essuyer son deuil sur mon dos, elle me laissera. Comme on abandonne un chien au bord de l'autoroute. Je me retrouverais seul au milieu de toute cette pagaille, de tous ces voyageurs, et je finirais par me jeter sous une voiture. Parce qu'elle m'aura fait espérer pour rien. Elle m'aura fait espérer que peut-être, je pourrais avoir envie de m'ouvrir à quelqu'un. A elle. Oui, et c'est à ce moment là qu'elle partira. Au moment où j'aurais enfin commencé à m'ouvrir à elle. Et elle me laissera la plaie grande ouverte. C'est ce qui m'attend, à la fin de notre histoire. Je ne sais pas combien de pages il me reste à tourner, très peu, certainement. Car à chaque fois qu'elle se fait la belle, c'est pour un peu plus longtemps que la fois précédente.

"Salut." Je lui lance un signe de tête en guise de salut, ayant déjà balancé toutes ses culottes. "C'est quoi, ça ?" Je m'approche d'elle, et regarde les culottes à ses pieds. Je me baisse, et les ramasse, une à une. "Alors, elle je l'ai appelée Jeanine. J'sais pas, j'trouve que ça lui va bien." Puis j'enfile Jeanine sur ma tête, comme on enfile un bonnet de bain. "Y'a aussi Marguerite, Corentine, Germaine..." Je les nomme tour à tour, les enfilant toutes sur ma tête. Quand j'ai enfin terminé, je la regarde fixement. "J'ai l'air con, non ? Bah tu vois, c'est comme ça que tu m'as laissé. Comme un con, pendant huit jours. A t'attendre." Et je retourne m'asseoir sur la table de la salle à manger, celle qui me sert aussi de bureau. Je reprends mon stylo, jouant nerveusement avec. Je voudrais m'en servir comme d'une lance. Et lui crever le coeur. Une sorte de Cupidon des temps modernes. Mais j'suis sûre que de toute façon, elle a un blindage spécial. Un truc anti-amour, anti-sentiments, anti-tout en fait. "J'devrais m'y habituer. Non en fait j'crois plutôt que c'est toi qui devrais arrêter de revenir à chaque fois." Vous savez ce qui craint ? C'est que je crèverais d'envie qu'elle me contredise. Qu'elle me dise qu'elle ne partira jamais plus, et que sa vie est ici. Qu'elle a enfin trouvé en moi ce que moi je crois avoir trouvé en elle.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyLun 29 Oct - 23:45

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 120719siamson4
i'm coming to terms, i'm starting to learn : this ain't all it's cracked up to be 'cause i'm using you, you're using me... it's never as easy as we believe. 'cause this hurts i can't leave, i understand, but can you ? i'm just scared, you're lonely, everyone knows you're better than me.


« Alors, elle je l'ai appelée Jeanine. J'sais pas, j'trouve que ça lui va bien. » A quoi joue-t-il ? Il ramasse les onze culottes qu'il vient tout juste de balancer sur le sol et commence à leur donner des noms avant de les mettre sur sa tête. J'sais pas si je dois rire ou chialer, j'sais même pas si j'ai un jour su rire ou chialer. Alors à défaut de savoir quoi faire avec la scène qui se joue devant moi, je détourne les yeux et je m'attarde sur la pièce. C'est comme si je n'étais jamais partie... ou alors jamais venue. Il y a toujours ses chaussettes crades qui traînent au pied du vieux canapé dans lequel on dort, la vaisselle qui s'entasse dans l'évier et lui a cette barbe vieille d'une semaine qui lui donne une gueule triste à en avoir mal au coeur. Et j'pourrais m'en réjouir, j'pourrais me sentir comme un oiseau qui plane juste parce qu'il y a au moins un endroit ici bas où je manque encore, juste parce qu'il y a encore quelqu'un qui pense à m'attendre. Mais je ne me réjouis pas, j'crois même que je m'en fous et c'est çe qui m'fout le moral à zéro. J'm'en fous. Des noms qu'il donne à mes culottes, de sa gueule qui transpire la colère et puis du reste. « Y'a aussi Marguerite, Corentine, Germaine... » Quand arrive le dernier prénom, j'ai déjà oublié le premier. Et moi, je suis juste soulagée qu'il se taise. Soulagée de ne plus entendre le son de sa voix qui m'fait un petit rien au creux de l'estomac. Un p'tit rien qui m'remue un peu parfois, pas trop, juste assez pour me rappeler que mon coeur bat encore un peu et que mes poumons ne sont pas tout à fait ruinés par la nicotine. « J'ai l'air con, non ? Bah tu vois, c'est comme ça que tu m'as laissé. Comme un con, pendant huit jours. A t'attendre. » C'est vrai qu'il a l'air con. Surtout quand il me dit des choses comme ça, des choses que s'disent les gens qui s'aiment et qui se disputent à en faire éclater des assiettes contre les murs. Les assiettes, ça nous arrive. Sauf qu'on n'est pas amoureux. On est pas grand chose, même. Comment pourrait-on être ne serait-ce qu'un bout de quelque chose alors que tout ce qu'on sait faire, nous, c'est se pousser à bout et s'engueuler encore et toujours, jusqu'à ce que l'un se barre et que l'autre revienne ? « Arrête tes conneries Becker. Fallait pas m'attendre, j't'ai jamais promis qu'on déjeunerait ensemble ce midi. » Et même si je lui avais promis, ça n'aurait rien changé. Je ne tiens rien. Ni les histoires, ni les promesses. J'crois que je préfère être vide que de me trimballer avec des tonnes de souvenirs qui noient les yeux ces soirs de nostalgie. « J'devrais m'y habituer. Non en fait j'crois plutôt que c'est toi qui devrais arrêter de revenir à chaque fois. » Touchée. Samson semble nerveux et l'ambiance est tout à coup beaucoup plus électrique dans la petite pièce. Qu'est-ce que je fais là ? Peut-être que lui sait. Parce que moi non. Et c'est à chaque fois le même refrain. J'arrive jamais à me souvenir de ce truc qui m'a poussée à faire marche arrière et à courir m'enfermer dans ces quatre murs déglingués par le temps. « J'suis juste passée récupérer mes culottes. » Silence. « Et mes soutifs. »

Puis, pendant un court instant, j'ai la sensation d'être heureuse. Il doit m'pousser des ailes, j'suis peut-être même l'oiseau qui ne voulait pas planer tout à l'heure. Je respire la rage de Samson et ça m'fait sentir plus vivante que n'importe quelle chose des huit derniers jours. Bientôt, les insultes claqueront. Mais pas tout de suite. Et ces quelques secondes entre, durant lesquelles on ne sait plus d'où l'on vient ni où l'on va me font l'effet d'une drogue. Je me perds, je nous perds, et peut-être, finalement, n'ai-je besoin que de ça pour avoir la force de me lever chaque matin. Pas de son amour, pas de sa compassion. Juste de sa haine. Parce que c'est ma seule certitude. Parce qu'il n'y a que lorsqu'il me déteste que je suis certaine qu'il est sincère. Alors je l'alimente. Sa haine. Pour qu'elle continue d'habiter ses veines, pour que je sois sûre que le regard qu'il porte sur moi n'est pas la pièce d'un puzzle qui finirait par me détruire pour de bon.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyMar 30 Oct - 17:40

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 357021siamson5
tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz, t’as laissé l’allumette entre mes mains ordure et c’est moi qui ai craqué, et mon poing explosé dans le mur. tu t’es tirée comme ça, toi t’as tiré sur moi, t’as shooté en plein vol, J’ai gouté le bitume, Des rivières aux paupières et la mer qui me laisse l’amertume. tu m’as laissé comme ça comme un homme à la mer.


"Arrête tes conneries Becker. Fallait pas m'attendre, j't'ai jamais promis qu'on déjeunerait ensemble ce midi." Non, t'as raison. Tu ne me l'as jamais promis. Et puis même si tu me l'avais promis, comment pourrais-je te croire Siam ? Rien de ce que tu dis n'a de sens. Et rien de ce que tu promets ne tient debout. C'est que du vent, des paroles en l'air. Et même quand tu dis que tu t'en fous. De la vie qui passe. De la mort de ton grand-père. Moi j'crois que tu ne t'en fous pas. Que ça te laisse un trou dans le coeur, mais que tu ne t'en rends pas encore compte. Mais bientôt, bientôt ça te bouleversera. Bientôt tu seras fatiguée de courir à travers le monde, de fuir la réalité. Bientôt tu seras rattrapée par tout ça. Et moi, je ne serai même plus là. Et même s'il avait fallu te prendre dans mes bras à ce moment là, je ne le pourrais pas. Je serai loin derrière toi. Encore plus loin que la ligne de l'horizon. T'auras tracé ta route, t'auras tracé un trait sur nous, un trait sur tout. Et tu recommenceras autre chose, que tu abandonneras à nouveau. Parce que lui, il t'a abandonnée, et qu'au fond, ça t'a tuée. Alors depuis qu'il est parti, depuis qu'Alistair a déplié ses ailes pour s'envoler, tu préfères mille fois abandonner tout ce qui commence à compter plutôt que d'être abandonnée à nouveau. Et ça, ça c'est égoïste Siam. Parce que tu ne penses qu'à toi quand tu fais ça, quand tu t'en vas. Tu ne penses pas aux autres. Ni à moi, ni à lui. Je crois qu'il mourra une seconde fois quand tu partiras. Quand tu le laisseras seul au fond de son trou, et que tu ne passeras plus le voir. Alors tu vois, lui et moi, on se comprendra. Je continuerai d'aller le voir, tous les soirs après le boulot. Et on partagera notre chagrin. Parce que celle qu'on aura aimé plus même que la vie nous aura laissés.

"J'suis juste passée récupérer mes culottes. (…) Et mes soufis." Je me prends ça dans la gueule, comme un héros de guerre se prend une balle entre les deux yeux. Mais j'crois qu'être un héros de guerre est tellement plus simple. Se battre pour sauver ce qu'il reste de vie, en ayant la conviction qu'il en reste encore, n'est-ce pas plus simple que de se battre en ayant la conviction que la vie n'existe plus ? Que de se battre pour y croire encore, alors que tout nous invite à croire le contraire ? Et que notre seul espoir est en train de foutre le camp ? De faire ses valises... "Ah oui ?" Mes sourcils se froncent, et mon coeur s'accélère. Mon estomac se tord. Je déteste ça. Souffrir de l'aimer trop. Alors qu'elle, elle ne m'aime pas assez pour m'épargner la souffrance. Ca doit être jouissif d'être à sa place. Elle doit bien s'amuser à me manipuler, comme on manipule une poupée vaudou. Mais je préfèrerais la douleur physique des aiguilles que celle qu'elle m'inflige. Que celle causée par son absence, et par le non-amour qu'elle me porte. "Alors va les chercher tes culottes à la con !" Je me lève si brusquement que la chaise sur laquelle j'étais assis se renverse. Et j'ouvre la fenêtre qui donne sur la rue, quelques étages plus bas. Je retire Jeanine, Marguerite, Corentine, et toutes les autres qui étaient sur ma tête, et je les envoie valser dans les airs. J'ai les cheveux ébouriffés, j'dois avoir l'air d'un fou. Mais c'est ce que je suis, un fou. Un fou furieux. C'est ce qu'elle a fait de moi. Puis je cours jusqu'à l'armoire de la chambre, je chope tous les soutifs que je peux, et je les jette par la fenêtre eux aussi. Un à un, en hurlant. "Allez, casse toi ! Casse toi Siam, vas-t'en !" Je suis en train de pleurer. De haine, de douleur, que sais-je. Ca n'a aucune importance de toute manière.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyMer 31 Oct - 19:22

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 296526siamson6
don't talk, don't say a thing 'cause your eyes, they tell me more than your words. don't go, don't leave me now 'cause they say the best way out is through and i am short on words knowing what's occurred, he begins to leave because of me.


Le problème avec le bonheur, c'est qu'il s'en va plus vite qu'il est arrivé et qu'en allant faire chier les voisins d'à côté, il laisse sur votre paillasson un paquet d'emmerdes. Dix grammes de joie contre un kilo de chagrin ; j'trouve ça dégueulasse. Presque aussi dégueulasse que ces gens qui passent leur vie à courir après, à s'écorcher les genoux mais à crier que ce n'est pas grave parce qu'au bout, tout au bout du tunnel, il y a la lumière et puis l'bonheur. Foutaises : des gens qui sont heureux toute leur vie, j'en ai jamais connus. Moi je suis sûre qu'au bout du tunnel, il y a juste un autre tunnel. Ou peut-être même bien qu'il n'y a pas de fin à ce long couloir, peut-être bien qu'on n'arrive jamais au bout et que si on y arrive, c'est parce qu'on a eu un accident de bagnole, une maladie incurable ou juste quelques dizaines d'années de trop. Peut-être bien qu'on s'écorche les genoux et que, quand on s'est assez écorché les genoux, c'est que c'est fini, c'est qu'il est temps de partir, de dire au revoir à ce monde, au bonheur qu'on aura seulement effleuré et au chagrin qu'on aura beaucoup trop mangé. Je trouve ça bête de passer sa vie à essayer d'atteindre quelque chose d'aussi futile que le bonheur. C'est pour ça que je n'essaye même pas de l'apercevoir, c'est pour ça que je ne cours après rien... ou alors seulement après son inimitié, à lui, qui pose un regard transpirant de venin sur moi. Comme si ça pouvait m'atteindre. Comme si la violence de ses mots ou le poids de ses non-dits pouvaient laisser un trou en moi. Je suis déjà trop trouée, comme quelqu'un qui a trop épongé les tourments. Voilà, j'suis une éponge. Qui a trop absorbé. Une éponge. A balancer aux ordures.

« Ah oui ? » Je sais que c'est imminent, que la tempête sera bientôt là, mais je ne m'agrippe à rien, ni à la commode dans mon dos, ni à la poignée de la porte sur ma gauche. Il faudrait peut-être que j'enferme à double tour ce qu'il y a à sauver. Mais y'a rien à sauver. Y'a que des injures et des cris. Y'a que des r'gards noirs et un peu de pitié, pas beaucoup, juste assez pour que je revienne à chaque fois, juste assez pour qu'il ne me foute pas à la rue dès que j'me pointe. On a rien à mettre dans un coffre fort, j'imagine que ça devrait nous faire mal au coeur, qu'on devrait comprendre que les bons c'est pas nous. Seulement j'me fous des boîtes blindées, moi j'ai déjà un coeur blindé et ça m'sert à que dalle. « Alors va les chercher tes culottes à la con ! » Je suis cet animal prêt à se jeter sur sa proie. Mes sous-vêtements sont envoyés dans l'air et finissent sur le béton, deux mètres plus bas. Et puis il se passe quelque chose. Un truc auquel je ne m'attends pas. Comme quand on traverse la route et qu'un camion sort de nulle part. « Allez, casse toi ! Casse toi Siam, vas-t'en ! » Je n'ai jamais entendu un cri pareil, un cri qui vient de l'intérieur, qui broie et qui anésthésie en même temps. Samson a le visage noyé par la flotte et putain ce que ça le rend beau. Avec sa lèvre qui tremble de m'avoir trop hurlé dessus. Avec ses yeux qui crèveraient d'envie de planter des balles au beau milieu de mon sale organe gorgé de sang. C'est étrange, mais je me surprends à avoir envie de pleurer sans savoir comment faire. C'est comme si toute la tristesse du monde me revenait en pleine gueule. C'est comme si mon âme sortait du coma après des années de silence. C'est comme si moi, Siam Hamrey, j'étais capable de ressentir quelque chose. « Samson... » Je me retrouve face à toute l'horreur de ma nature et je me sens mal. Je m'oblige à fermer les yeux mais quand je les rouvre, je suis encore là alors que j'aimerais être à des millieds de kilomètres de ce putain de mec, de ses putains de larmes, de sa putain de beauté ravageante alors qu'il semble toucher un truc, au fond de moi, là où personne ne fouille jamais. « Pourquoi tu pleures ? »demandé-je finalement simplement, les bras balants le long du corps. J'ai beau chercher, je ne vois malgré tout aucune raison à tout ça. C'est pas la première fois que j'lui fais ce coup là et j'lui en ai fait d'autres, des pires, comme la fois où j'ai fait semblant d'être saoule juste pour lui parler de sa mère. Quand il l'a su, je me souviens d'un Samson qui ne m'a pas adressé la parole pendant plusieurs semaines. C'est pas la première fois que j'lui inflige des misères mais on dirait bien que c'est la dernière. « Attends. » Silence. « Tu m'as vraiment dit de me barrer ? » Tout à coup, plus d'amertume, plus de peine. Juste la putain d'impression qu'il a ouvert un champ de bataille au beau milieu de mon ventre. Juste la putain d'impression qu'il est un ouragan dans ma vie et qu'il va, Ô diable, tout saccager sur son passage.


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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyJeu 1 Nov - 0:28

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 545885siamson7
i'm here again, a thousand miles away from you. a broken mess, just scattered pieces of who i am. i tried so hard, thought i could do this on my own, i've lost so much along the way.


"Samson…" C'est le prénom que maman a choisi pour moi. J'crois qu'elle espérait que je le porte mieux. J'crois qu'elle voulait que je sois heureux. Que j'ai une maison blanche avec des volets bleus, des enfants qui courent dans le jardin, et une femme qui m'aime. Mais à la place, tout ce que j'ai, c'est un appartement miteux, et puis Siam. Enfin le verbe avoir n'est pas celui qu'il faut utiliser en parlant d'elle. Bien sûr que je ne l'ai pas, et que je ne l'aurai jamais. Siam, elle est comme une poignée de sable. Elle s'échappe, en empruntant tous les chemins possibles. Rien ne peut la retenir, rien du tout. Puisqu'elle ne tient vraiment à rien. Peut-être à son grand-père au moins. Non, sûrement à son grand-père. Sauf qu'elle ne le comprend pas vraiment. Vous savez pourquoi elle ne le comprend pas ? Parce qu'elle n'est jamais allée à l'école, jamais. Et qu'il faudrait tout lui apprendre. Pas seulement à lire. Il faudrait lui apprendre à aimer, à pleurer, à vivre. Siam ne vit pas. Elle voyage, d'un endroit à un autre. Elle rencontre des nouvelles têtes, et elle voyage un peu avec elles. Sauf qu'elle ne se rend pas compte que son voyage a deux dimensions. Ce n'est pas seulement un voyage dans l'espace, c'est aussi un voyage dans le temps. Et à chaque pas qu'elle fait, c'est une nouvelle ride qui s'installe sur son visage. Et c'est du temps qui s'en va, qui s'écoule. Et qui ne reviendra pas. Parce que la vie passe. Sa vie passe. Bien trop vite. Et le temps qu'elle gâche à fuir ses sentiments, à se planquer sous les ponts, ou à jouer à cache cache, elle ne pourra pas le rattraper. À supposer qu'un jour elle se rende compte que la vie ce n'est pas seulement ça. Que ce n'est pas seulement voyager. La vie aussi, c'est aimer. C'est ce putain de sentiment qui efface tout le reste. Toute la haine que l'on a gardé pour soi, toutes nos peurs et tous nos doutes. Parce qu'on ne se sent jamais mieux que lorsque l'on flirte avec l'amour. Moi j'ai connu l'amour. L'amour de maman. J'étais heureux. Heureux comme un con. J'aurais pu tout lui donner à maman. La preuve, je lui ai donné la mort. Et il en faut beaucoup d'amour pour donner la mort. Mais vous savez quoi ? J'aime Siam plus que je n'aimais maman je crois. Même si ce n'est pas de la même manière. Et mon amour pour Siam pourrait donner la mort. À elle, ou à moi. Parce qu'il est trop fort. Trop vif. Trop incontrôlable. Et que je pourrais sauter par la fenêtre, là, tout de suite. Pour arrêter de souffrir. Pour arrêter de l'aimer. Parce que c'est trop dur. J'suis tombé amoureux d'une statue de marbre.

"Pourquoi tu pleures ?" Là c'est le moment où je dois lui expliquer. Ce que c'est que la souffrance, ce que c'est que la haine. Ce que c'est que l'amour. Et que quand tout ça est trop fort, et que ça se bouscule à l'intérieur, ça ressort sous forme de larmes. Vous croyez que si elle avait été à l'école, elle aurait compris ? Qu'elle aurait été différente ? Peut-être bien que oui. Elle serait tombée amoureuse d'un gamin dans la cour de récréation. Il lui aurait donné ses petits Lu, contre un baiser sur la joue. Deux jours plus tard, elle l'aurait vu donner la main à une autre. Et en trois jours, elle aurait appris l'amour, la haine, la jalousie, la rancune, la souffrance. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça dans la vie de Siam. Au lieu de donner la main à un gamin, elle a donné la main à son grand-père. Et ils ont voyagé, de ville en ville. Elle a vu des gens un jour, et elle en a vu d'autres le lendemain. Et toute sa vie, elle a appris le non-attachement, le non-amour, la fuite. C'est tout. C'est tout, et ce n'est pas assez. Je serre les dents. Si fort que je crois qu'elles vont finir par exploser. Et mes sourcils sont froncés. Parce que c'est toujours comme ça quand je suis en colère, ou triste, ou tout mélangé. "J'crois que tu peux pas comprendre pourquoi j'pleure Siam. Et c'est bien ça le problème. Parce que tu vois, si c'était réciproque, alors tu saurais." Oui, c'est ça le problème. Elle ne m'aime pas. Et c'est pour ça que je chiale comme un demeuré. Parce que si elle m'aimait, elle ne partirait pas tous les quatre matins. Et parce que si elle m'aimait, elle saurait que son absence me détruit le coeur. Et alors elle ne poserait pas la question. Mais bordel, elle ne m'aime pas. Alors elle demande. Elle demande pourquoi je pleure, comme elle pourrait demander pourquoi je souris. Mais moi, si je pleure, c'est parce qu'elle m'a manqué, parce que je me suis inquiété, parce que je ne veux pas qu'elle me laisse, et parce que j'ai la rage qui circule dans les veines. Et si je souris, c'est parce qu'elle est belle, parce qu'elle m'attendrit, parce qu'elle me rend heureux. Au moins autant qu'elle me rend malheureux. "Attends. (...) Tu m'as vraiment dit de me barrer ?" J'acquiesce. "Oui, c'est c'que j'ai dit. Mais d'habitude t'as pas besoin que j'te l'dise pour le faire." Je prends mon visage dans mes mains, et je ferme les yeux. Puis je me laisse tomber sur le sol pour venir m'adosser contre le mur. "J'ai l'impression d'avoir choppé une putain de maladie à la con. Un truc incurable. Et dont on ne ressort jamais entier. Ni même jamais vivant à vrai dire. J'crois que j'suis amoureux. Et c'est pour ça qu'il faut qu'tu partes."

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyJeu 1 Nov - 18:35

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i have walked alone, lost in the fog, all i find are faded pictures from a distant life and i wish to god i could see your eyes. i ain't got no magic potion, all i know is that we're better of together than we ever were alone so if you let me try, just give me time, i will find a way to help you ease your troubled mind.


« J'crois que tu peux pas comprendre pourquoi j'pleure Siam. Et c'est bien ça le problème. Parce que tu vois, si c'était réciproque, alors tu saurais. » Samson m'a dit un soir, au tout début, quand on ne se connaissait pas encore et qu'on pensait que ce serait simple d'être un peu ensemble, pas trop, juste assez pour partager un peu de solitude, qu'il fallait faire attention aux mots. Les mots qui rient, les mots qui pleurent. Ceux qui aiment et ceux qui détestent. J'me souviens l'avoir regardé comme s'il était complètement dingue. J'me souviens lui avoir dit déconne pas Samson, c'est quoi ton charabia ? Les mots n'sont que des mots tu sais, on dit des trucs comme ça, parce qu'il faut bien combler les creux. Tu sais ce que je pense ? Moi, je pense qu'on aurait été beaucoup mieux si on n'avait pas su parler. T'imagines un monde sans mots ? Comme ça aurait pu être beau. Plus de poésie, plus de conneries qui veulent rien dire sur l'amour, la mort, et puis Dieu tiens. Plus de tout ça. On n'aurait pas été là à débattre de l'importance des mots, on aurait juste écouté le silence. Attends, dis moi que t'as déjà pris l'temps d'écouter le silence ? J'adore le silence Samson. C'est pour ça que ça m'gêne pas que pépé soit mort. Il parlait pas, il était comme moi. Il parle toujours pas. Y'a rien de plus beau que le silence. Au moins, on peut imaginer tout ce qu'on veut, et tant pis si les oiseaux sont pas contents. Ils auraient qu'à piailler et on aurait qu'à les laisser faire. J'avais déballé ça comme ça, puis j'avais rajouté qu'on aurait aussi pu bouffer les oiseaux qui nous auraient fait chier et ça l'avait fait rire. Samson était dingue et j'crois que je l'étais aussi un peu quand il était là. J'ai l'impression de comprendre seulement maintenant ce qu'il entendait par l'importance des mots. Il me dit que j'peux pas comprendre pourquoi il pleure et moi, j'me dis qu'il n'a plus jamais ri après ce soir-là et que maintenant il est là à pleurer comme un con. Peut-être que si j'avais fait gaffe à ce qu'il essayait de me dire, on n'en serait pas là. On, oui. Nous deux. Parce qu'on dirait bien qu'à cet instant, il n'est pas le seul à être à l'envers. Et bien sûr que j'vais pas me mettre à mouiller mes joues, comme ce serait drôle, fou, ridicule. Mais il n'empêche que j'aimerais que ce soit réciproque pour savoir, comme il dit. Savoir quoi ? J'en sais rien. A vrai dire, j'vois même pas ce qui devrait être réciproque.

« Oui, c'est c'que j'ai dit. Mais d'habitude t'as pas besoin que j'te l'dise pour le faire. » Il a raison. Jusque là, Samson ne m'a jamais demandé de partir. Il en avait le droit, évidemment, puisque c'est sa baraque, son paillaisson, sa télévision, ses tasses, son papier cul. Et pourtant, en un an de disputes, d'injures, de hurlements et d'un peu de répit, je pourrais jurer qu'il n'y a jamais pensé. Pas une fois. Même après que je lui ai coupé la lèvre inférieure en lui balançant des couverts dans la tronche. C'est toujours moi qui suis partie. Et maintenant, c'est lui qui plante son regard dans le mien et qui m'explique qu'il faut que je me barre. P'tet que je l'ai trop usé, p'tet que j'ai joué ma dernière carte huit jours plus tôt. « J'ai l'impression d'avoir choppé une putain de maladie à la con. Un truc incurable. Et dont on ne ressort jamais entier. Ni même jamais vivant à vrai dire. J'crois que j'suis amoureux. Et c'est pour ça qu'il faut qu'tu partes. » Tandis que son dos glisse le long du mur, je mesure toute l'horreur de ses paroles : Samson est amoureux. Et il a l'air tellement fatigué que je n'arrive pas à le contredire, que je n'arrive pas à lui murmurer dis pas ça Sam', j'te jure y'a rien de plus fantastique que l'amour, y'a rien de plus fantastique que les papillons dans le bidon, qu'les poumons étouffés, rien de plus fantastique que... J'pourrais pas le contredire parce que j'y connais rien à ces choses là, que j'sais pas comment on parle d'amour et que j'ai toujours trouvé qu'ça avait un sale côté barbant. Comme un truc vu et revu. « Oh. » Je m'approche enfin de lui et je m'assieds en tailleur, en face. Quelqu'un de normal lui aurait proposé un mouchoir et aurait su quoi dire. Moi, mes poches sont vides et mes vocables n'ont pas de sens. « Tu veux savoir ce qui est drôle ? » Pas de réponse. « C'est que j'ai vraiment cru que, si tu me foutais à la porte, c'était à cause de moi. Alors j'suis soulagée. J'imagine que, quand on tombe amoureux, on voit les choses différemment. J'saurais pas te dire, tu sais bien que c'est pas pour moi tout ça. L'amour et tout ce blabla... » Je marque une pause, scrute son visage, plus sereine qu'il y a une minute ou deux. « Mais j'crois que si j'avais su lire, les livres m'auraient raconté ce que j'imagine déjà. C'est l'histoire d'une fille qui rencontre un garçon, ils boivent des verres, vont à des concerts, se baladent et tombent amoureux. Les mois passent à une allure folle et un jour, parce qu'elle est enceinte ou qu'ils n'en peuvent plus de se quitter chaque soir pour se retrouver chaque matin, l'un quitte le cocon familial pour s'échouer dans la baraque de l'autre. Et c'est à ce moment-là que tu me demandes de partir, faudrait pas qu'elle tombe sur moi et puis c'est petit ici, surtout si elle -c'est quoi son prénom ?- attend un bambin. » Je soupire et essuie quand même du bout du pouce la larme qui perle sur le menton de Samson. Putain de frisson à la con qui m'traverse l'échine et me donne envie de recommencer. « Ouais, c'est vraiment pas pour moi. J'dois être allergique. » Je souris. « Toi, par contre, j'ai toujours trouvé que t'avais la tête d'un gars qui tomberait amoureux n'importe comment et n'importe où. Un asticot amoureux, si tu veux mon avis. » Et, pour la première fois depuis ma rencontre avec le garçon du cimetière, j'ai envie de l'écouter, de m'imprégner de son histoire non pas pour lui faire du mal, mais pour essayer de raccommoder ce qu'il y a à raccommoder.



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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptyVen 2 Nov - 15:40

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cry until it's all gone, been holding on for too long, time for us to move on, i'm tired of tryin' to find a reason why. so let's just cry, let's just cry.


"Oh." C'est tout ce qui lui vient en tête. Un simple oh. C'est bref. Et brutal après une déclaration comme celle que je viens de lui faire. Je serre la mâchoire tandis qu'elle s'installe en face de moi, en tailleur. J'attends sa réaction avec appréhension. Bien sûr qu'elle a dû penser à cette situation, bien sûr qu'elle se doutait que ça pouvait arriver, au bout du compte. Parce que vivre ensemble, même dans le silence ou dans les disputes, ça crée quelque chose de spécial. Voir le même visage le matin au réveil et le soir au coucher, ça finit par faire parti du quotidien. Et on finit par se dire qu'au final, ce n'est pas si moche que ça, la vie à deux. Et qu'on voudrait bien de l'autre pour la traversée toute entière. Que sa sale tronche ne nous dérange pas plus que ça en fin de compte. "Tu veux savoir ce qui est drôle ?" Je relève les yeux vers elle, les sourcils froncés, comme toujours. Il n'y a rien de drôle en réalité Siam. Alors vas-y, parle. Fais moi rêver tiens. "C'est que j'ai vraiment cru que, si tu me foutais à la porte, c'était à cause de moi. Alors j'suis soulagée. J'imagine que, quand on tombe amoureux, on voit les choses différemment. J'saurais pas te dire, tu sais bien que c'est pas pour moi tout ça. L'amour et tout ce blabla..." A quoi elle joue merde ? Elle se fout de ma gueule hein ? Ca doit être ça oui, parce que je ne vois pas comment on peut être aussi con sinon. Je ne dis rien. Je la dévisage, c'est tout. Je la dévisage, et j'me dis putain qu'elle est belle. Même là. Dans sa naïveté à deux balles. Elle est belle. Même si elle ne comprend rien à la vie, rien à l'amour. "Mais j'crois que si j'avais su lire, les livres m'auraient raconté ce que j'imagine déjà. C'est l'histoire d'une fille qui rencontre un garçon, ils boivent des verres, vont à des concerts, se baladent et tombent amoureux. Les mois passent à une allure folle et un jour, parce qu'elle est enceinte ou qu'ils n'en peuvent plus de se quitter chaque soir pour se retrouver chaque matin, l'un quitte le cocon familial pour s'échouer dans la baraque de l'autre. Et c'est à ce moment-là que tu me demandes de partir, faudrait pas qu'elle tombe sur moi et puis c'est petit ici, surtout si elle -c'est quoi son prénom ?- attend un bambin." C'est le comble du comble. C'est le moment où j'attends juste que la guillotine me tombe sur la tête et m'arrache à ce cauchemar. Je ferme les yeux, et je prie juste pour qu'elle tombe. Mais rien. J'ai toujours la tête sur les épaules, mais le coeur hors de la poitrine par contre. J'crois qu'il est dans les mains de Siam. Et que quand je vais la foutre à la porte, elle partira avec. Sa main d'ailleurs, se pose sur mon visage. Et par réflexe, ma mâchoire se serre. Parce qu'aujourd'hui, bien plus que les autres jours, la sensation de sa peau contre la mienne me fait plus de mal que de bien. Parce qu'aujourd'hui, je sais avec certitude que rien n'est réciproque. Rien du tout. Et que rien ne sera jamais possible. Qu'elle n'y a jamais songé, pas même une seule fois. Pas même une seule petite fois non. Jamais. "Ouais, c'est vraiment pas pour moi. J'dois être allergique." Et quand j'ouvre les yeux, je la vois sourire. Innocente, inconsciente. Alors qu'elle est la cause de toute cette hécatombe. "Toi, par contre, j'ai toujours trouvé que t'avais la tête d'un gars qui tomberait amoureux n'importe comment et n'importe où. Un asticot amoureux, si tu veux mon avis."

Tu veux mon avis à moi Siam ? Moi j'crois qu'on aurait été beaux. Ouais, qu'on aurait été beaux à en rendre jaloux les asticots. Et même s'ils ont pas d'coeurs. Et même s'ils sont comme toi et qu'ils ne comprennent rien à la vie. Moi j'crois qu'en nous voyant, ils se seraient arrêté net, et que d'un coup d'un seul, ils auraient compris l'amour. Ils auraient compris que même s'il y avait eu un fossé entre nous, on y aurait construit un pont pour y joindre les deux bouts. Et que même si ça n'avait pas été facile, ça en aurait valu la peine. Peut-être même qu'on leur aurait donné envie de trouver leur moitié asticot, peut-être même de construire un foyer, et d'avoir des marmots. Sauf qu'on ne sera jamais beaux comme je l'avais imaginé. Y'aura pas de mini-nous qui se chamailleront entre nos pattes. Y'aura rien du tout. Que des miettes. Mais même pas des miettes de nous. Des miettes de toi, et des miettes de moi. Ce n'est pas la même chose tu vois. C'est loin d'être la même chose. Parce que les miettes de nous, on aurait pu les recoller à deux, et reconstruire autre chose tous les deux, repartir à zéro, refaire quelque chose de beau. Mais là on ne peut pas. C'est chacun pour sa peau. On se reconstruit tout seul, puis tant pis si l'autre reste en miettes. Tant pis si moi j'reste en miettes. Je serre les poings. Si fort que ça me fait mal. Puis je donne un coup sur le sol. Et là j'crois que je me suis cassé un truc. "T'es trop conne Siam. Lâche moi d'accord. Lâche moi !" Je repousse violemment sa main, et je me lève, en un bond. J'attrape un sac en plastique qui traine dans la cuisine, et j'y range la moindre chose qui appartient à Siam. Son paquet de clope, sa brosse à dent, son maquillage, et tout ce qui me passe sous la main. Puis j'ouvre la porte d'entrée et je balance le sac à l'extérieur de l'appart', dans le couloir de l'immeuble. Avec sa veste, et ses godasses. Puis j'retourne vers elle, toujours assise par terre. J'attrape son bras, et je la relève, avant de la pousser jusqu'au pallier. "Barre toi avec tes asticots et tes allergies à la con. Et tu sais quoi, faudrait mieux pas qu'tu reviennes. Jamais. Jamais !" Je crois bien que j'hurle tellement fort que le voisin d'à côté est sorti pour voir ce qu'il se passait. "J'en ai assez d'ta sale gueule, d'ta naïveté et d'ton innocence. Tu m'pourris la vie Siam, j'veux plus t'voir, c'est fini !" Je chiale encore. Plus même que tout à l'heure. Je chiale parce que je voudrais lui hurler de rester. Je voudrais lui hurler que c'est elle que j'aime, comme un fou amoureux, et qu'elle est belle. Et puis tant pis si c'est pas réciproque, je voudrais lui hurler de rester à mes côtés, pour la vie entière, que je préfère une vie malheureuse à ses côtés, plutôt qu'une vie sans elle. Mais je lui ai hurlé tout l'contraire. Parce que j'suis con. Et parce que je ne mérite personne à mes côtés pour le restant de mes jours.

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MessageSujet: Re: siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. EmptySam 3 Nov - 1:57

siamson ◗ tu t’es tracée dans l’air comme une fuite de gaz. 307886siamson10
after the silence, after the last words. caught in the silence, caught in between. after the madness, after the slow shock, before the wave hits, the flood comes rushing in... this is the bad before the worse, this is the storm before the storm, this is the bend before the break, this is the mercy not the grace, this is the proof and not the faith i try to find... there shouldn't be a good in goodbye.


J'ai toujours eu l'intime conviction de connaître Samson mieux qu'il ne se connait. C'est comme si on avait été fait du même bois sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Je m'arrête sur ses yeux humides, sur sa mâchoire crispée et je me surprends à clore les paupières pour retracer les traits de son visage. J'en connais chaque détail, de la forme de ses sourcils à la fossette droite plus prononcée que la gauche quand il esquisse un sourire. Y'a un truc qui foire sur son visage, un truc qui foire mais qui le rend beau. J'me suis souvent demandé ce que c'était, et puis un soir, après une énième dispute, j'ai mis la main sur ce putain de truc qui foutait sa gueule en l'air mais qui faisait aussi que j'en r'demandais encore et encore : il a un air de lassitude qui ne le lâche jamais vraiment. Samson a l'air creux. Comme une coquille vide. Comme quelqu'un à qui il manque une case, comme quelqu'un qui se trimballe avec une putain de pièce défectueuse. « T'es trop conne Siam. Lâche moi d'accord. Lâche moi ! » Ca aussi, j'en ai toujours eu l'intime conviction : Samson est une bombe à retardement. On ne s'y attend pas, on fait pas gaffe et il explose. Comme ça. Tout va bien puis l'instant d'après, boum. On était à peu près bien tous les deux, là, dans l'instant, loin de nos vieilles rengaines et de nos vieux démons. Boum. Il faisait beau et v'là que Samson a tout fait pété. Le calme. Ma sympathie. L'histoire qu'on a jamais construite et qu'on construira jamais plus. Il s'emporte et m'emporte avec lui. Le problème, c'est que j'sais pas où on va, j'sais pas où est-ce qu'il me tire. Mais c'est pas quelque part où les oiseaux chantent, ça ressemble à un endroit crade et glauque, ça ressemble à nous avant qu'on se rencontre, ou après qu'on se sépare, ça ressemble à des adieux et bordel pourquoi est-ce que ça ne me tort pas le ventre ? « Barre toi avec tes asticots et tes allergies à la con. Et tu sais quoi, faudrait mieux pas qu'tu reviennes. Jamais. Jamais ! » Et moi j'maudis les jamais qui s'en vont puis qui r'viennent, les jamais qui durent jamais vraiment.

« J'en ai assez d'ta sale gueule, d'ta naïveté et d'ton innocence. Tu m'pourris la vie Siam, j'veux plus t'voir, c'est fini ! » Le couloir est vide, y'a pas âme qui vive et l'écho des cris de Samson me donne la nausée. Et moi j'suis là, mes affaires à mes pieds, à attendre un train qui ne passera jamais. Comment est-ce qu'on fait pour en arriver là ? J'veux dire, comment deux personnes arrivent-elles à se supporter pendant des années et à tout saboter en une seule journée ? Est-ce que c'est un jour pris au hasard sur le calendrier ? Un dimanche ou bien un jeudi ? Un jour où on se dit aujourd'hui c'est demain et hier est d'jà loin, hier on s'accrochait et aujourd'hui on décroche ? Je trouve que l'homme fonctionne mal et ça me désole de le voir bâtir des chateaux que son souffle détruira. C'est pour ça que je reste toute seule, c'est pour éviter de passer par toutes ces étapes stupides qui laissent des cicatrices. « Alors ça y est, c'est là que je dois te dire adieu et te sortir tout le baratin sur tes réussites et ta belle vie à venir ? » J'attrape mon sac et le hisse sur mon épaule. Puis je le repose deux secondes après pour planter mon regard dans le sien que la marée abîme. Je ne suis même pas en colère ou énervée. J'suis rien du tout. J'suis lasse de ses yeux qui déraillent, lasse de sa voix qui s'éteint. J'ai juste envie de quitter ce paillasson, cet appart, ce couloir pour retrouver la rue ; ma rue. « Garde ça, je n'en aurais pas besoin là où je vais. » Je laisse le sac sur le sol et je tourne les talons, étouffée par ces adieux qu'on ne saura jamais prononcer. Arrêt. « Hé, Samson ? » Silence. « Tâche d'être un peu heureux. » Je m'éloigne de l'appartement numéro deux-cent quatorze et je laisse à Samson la photo de nous qui traîne dans son livre préféré, celle qui lui sert de marque-page, mes fiches de recettes, ma chemise de nuit, mon gel douche renversé dans la baignoire, le double de chez lui posé sur le comptoir, la seule paire de talons que j'aie, cachée dans le placard, le paquet de bonbons à moitié vide qu'on bouffait comme deux gosses il y a une semaine. Et puis tous nos souvenirs, j'les abandonne là aussi. Ceux qui m'auraient fait rire dans dix ans, ceux qui m'auraient fait mal, ceux que j'aurais aimés et ceux que j'aurais brûlés.

T'aurais pu être une gosse heureuse Siam. T'aurais pu être une gosse heureuse mais tu voulais pas être comme tout le monde, toi, tu voulais être à part, celle qu'on fout sur l'trottoir parce qu'elle aime pas les cases. T'as jamais rien compris gamine. Ni à la vie, ni à Siamson. Tu sais ce que c'est, le pire ? C'est que t'aurais pu le rendre heureux lui aussi. Mais toi t'aimes les sacs vides et ton coeur sans souvenirs. C'est toi qu'a toujours déraillé Siam. Pas lui. C'est toi la putain de pièce défectueuse... Sa pièce défectueuse.



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