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will i ever dance again ? (la plus belle)

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MessageSujet: will i ever dance again ? (la plus belle) Mer 12 Fév - 23:41

Rythme saccadé. L'essentiel Elio, l'essentiel, j'me dis. J'ai bien envie de m'écraser sur mon pieu et d'roupiller un moment, mais y'a cette tension qui m'prend aux tripes. La sensation d'être fliqué, la sensation d'avoir mon temps compté. J'me suis échappé. Loin, loin d'moi Rio et ses plages. Loin d'moi Rio et sa putain d'clinique pour gosses de riches. Echappé, c'est un grand mot, ça m'fait même bien marrer. J'leur ai juste donné c'qu'ils cherchaient. Des sourires, des belles phrases. J'repense à tout ça et j'ai envie d'gerber. J'croise mon reflet dans le miroir de la salle de bain, sept kilos d'perdus et le visage creusé. Et ils osent appeler ça une cure de renaissance. J'me mords la lèvre, j'file sous la douche et j'me fais une liste de quoi embarquer. L'eau chaude. J'me perds un instant dans la douceur de ce moment. Y'a rien d'mieux putain. Rien d'mieux qu'ça. Rien d'mieux qu'd'être chez moi. J'sais pas pourquoi, j'sais pas si c'est la fatigue, si c'est d'avoir trop feinté, si c'est simplement mes nerfs qui lâchent, mais j'me mets à chialer. J'sens mes larmes se mêler aux gouttes qui coulent sur mon visage et un soubresaut se bloquer au fond d'mon torse. Putain ça m'emmerde de devoir me casser. Mais j'veux pas rentrer. Pour la première fois d'ma vie j'ai l'impression d'être un gosse qui fait des caprices. C'est pas moi ça, j'ai jamais été comme ça. J'me sèche rapidement et j'enfile des fringues propres. Valise défaite, j'chope un vieux sac de sport et j'embarque l'essentiel. J'espère qu'Nora est là, j'espère qu'elle pourra m'sauver, j'ai besoin d'la voir. J'tchek mon iPhone et j'hésite à l'appeler pour vérifier, mais j'ai la flemme, j'ai pas l'temps, j'deviens parano. J'm'imagine déjà des sbires de mon reup débarquer et m'forcer à rentrer dans une caisse blindée direction l'aéroport. J'sais pas à quel moment d'ma vie j'ai commencé à délirer à ce point. J'sais pas si c'est définitif, j'sais pas si tout est éternel. J'enfonce mon téléphone dans ma poche et ma main traîne sur une étagère. J'hésite, j'me mords la lèvre, puis ma main soulève le couvercle de la petite boite en bois où j'gardais toutes mes réserves. Toujours là, fidèle au poste. J'soulève les pochons et j'les secoue un peu. Abandonnés là avant mon départ au Brésil. Prêts à l'emploi. J'sais pas quoi faire. J'sais pas quoi faire et comme souvent quand j'sais pas quoi faire, j'fais des conneries. J'les enfile dans la poche de mon sweat avant d'attraper mon sac et d'éteindre les lumières. Ciao casa. Trois tours de clefs, j'récupère mon vélo et j'me casse. J'pédale vite, j'dégage de là. Y'a mon putain d'coeur qui s'emballe à fond la caisse. Panique. J'ai jamais paniqué. Même quand j'me suis senti mal ce soir là, même quand j'ai sombré, même quand j'me suis réveillé dans la chambre blanche. J'ai jamais paniqué. J'souffle fort et j'tente de penser à un truc, une musique, un son, j'tente de penser à quelque chose qui m'occupe la tête, qui m'calme le coeur. J'pense aux rues qui défilent, j'pense à Nora qui s'approche de plus en plus. J'sais pas trop c'que ça signifie, mais ça m'rend heureux. Quand j'lâche mon vélo j'pense plus à rien, j'me concentre uniquement sur l'image de sa porte. J'souffle, j'enfonce une main dans ma poche. Toujours là. J'me pince les lèvres, j'suis mes pas. J'me demande deux secondes c'que j'fous. Puis j'me dis que c'est normal que j'sois là. C'est Nora. J'l'ai pas vue depuis trop longtemps et elle m'a manqué. Beaucoup trop. J'aimerais lui parler d'tout ce qui m'arrive, mais j'sais pas si j'en suis capable. C'est peut-être ça qui m'bloque, c'est peut-être ça qui m'empêche deux secondes de toquer, de sonner. J'me dis eh, dans quoi tu t'embarques. Ce serait peut-être plus simple que t'écoutes tes parents, Elio. Comme tu l'as souvent fait. J'y pense, j'y pense, puis j'sonne. J'fais craquer mes doigts, craquer mon épaule sous l'poids du sac. J'me sens nerveux et très con. Alors je gigote un peu, j'm'ébouriffe les cheveux, j'me passe une main sur mon nez encore brûlé par le soleil. Puis la porte s'ouvre et alors, alors j'souris. " hey ", j'me perds un peu dans ses yeux tandis que ça s'emballe un peu là, dans ma tête " ça fait beaucoup trop longtemps ", j'souffle en posant mon sac à mes pieds. " j'ramène du soleil de la cachaça et des cadeaux, tu peux m'héberger quelques temps ? y'a un dégât des eaux chez moi ". J'me mordille la lèvre et alors j'fais le truc le plus naturel du monde, j'm'approche d'elle pour l'enlacer. J'ai b'soin d'ça, j'ai b'soin d'toi.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Jeu 13 Fév - 18:58

Complètement déconnectée de la réalité. Voilà quatre jours que je ne suis pas allée en cours. Quatre, c'est une première. Pas de bobo à l'horizon, pas de vilaine maladie qui handicape les journées, pas d'incident à signaler, hormis un blues accentué qui peine à s'en aller. Le genre de spleen qui te paralyse l'esprit et contamine tes membres petit à petit. Le premier jour ça t'empêche de rire, mais tu continues à vivre ton quotidien, à voir tes amis. Le second tes lèvres peinent à sourire, mais tu te lèves le matin et poursuis tes objectifs comme si de rien. Le troisième ça commence à te faire pleurer tous les quarts d'heure, comme si ça devenait urgent de faire une pause, de s'aérer, de s'en aller. Et puis le quatrième t'es là, allongée dans ton lit, tu fixes le plafond et t'es même plus capable de parler, de pleurer, d'extérioriser. T'es juste une masse sous ta couette, un bloc de tristesse qu'on ne peut plus faire dégager même à coups de pied. Bamba a pas trop fait gaffe, elle est toujours dans son délire, dans ses tableaux, dans son vaudou. C'est pas trop grave, elle est un peu dans son monde, sur sa p'tite lune à elle, j'lui en veux pas. C'est de toute façon un simple problème entre moi et moi. Que personne d'autre ne peut résoudre, parce que y'a pas de solution extérieure à trouver. Tout se passe à l'intérieur, c'est comme ça, c'est toujours comme ça. J'entends le tic-tac de l'horloge murale arty qu'on a ramenée d'Europe Bamba et moi et ça me fait froncer les sourcils, j'me tourne, j'me retourne, je change de position jusqu'à ce que l'état allongé me devienne insupportable. Je me lève pour la première fois depuis hier onze heures, où je suis rentrée de la fac précipitamment pour me mettre au lit et n'en plus sortir jusqu'à cet instant précis. Mon estomac gronde mais mon esprit lui répond par la négative. Je passe sous la douche, enfile un short en coton et change de t-shirt. J'passe devant l'immense miroir qui recouvre tout le couloir qui mène aux dressings, une idée qui m'avait parue intelligente à l'époque où l'on a entrepris un certain nombre de travaux pour aménager la villa mais qui me parait aujourd'hui totalement absurde tant je déteste faire face à la réalité qu'est mon visage endormi au saut du lit. Dès le matin. Ou lorsqu'il est dix-sept heures comme maintenant et que mon corps doit basculer sur le mode "on". J'me demande où est Bamba. Toujours à gambader ici et là, dans le duo elle est celle qui procure l'énergie pour deux, moi j'suis celle qui s'affale sur le canapé sans avoir envie de bouger et qui s'en accomode très bien. Lorsque je me trouve plantée devant le frigo en train d'hésiter entre me servir une piña ou un smoothie j'entends la sonnerie peu discrète de l'entrée retentir. Normalement c'est pas à moi d'ouvrir aux invités mais je crois que Poca n'est pas ici le vendredi. Je détache mon chignon et j'ébouriffe un peu mes cheveux sur le chemin pour avoir l'air un minimum concernée. « Oula. » j'fais un pas en arrière en plissant mes yeux encore endormis, je m'attendais à voir un camarade de fac ou le postier, mais pas lui. Sûrement parce qu'on est vendredi et que le vendredi je suis pas censée être ici. Et que la dernière fois qu'on s'est vus semble remonter à une éternité. Mais Elio connaît mon chez moi mieux que personne et il n'a pas besoin de demander pour entrer. « Putain tu m'as manqué. » Lorsque mes esprits reviennent peu à peu à moi je lui saute au cou en l'enlaçant de mes bras. Comme pour rattraper tous ces instants gâchés par la distance. « Du soleil.. » je répète après lui en m'écartant de l'entrée pour le laisser passer et en scrutant le ciel à l'extérieur. J'saurais pas dire s'il a vraiment ramené du soleil ou si c'est juste la grande luminosité qui m'aveugle complètement mais après une vaine tentative j'arrête aussitôt de chercher. « Bon si y'a des cadeaux ok, ça se négocie. Si t'es prêt à supporter les deux sud-africaines les plus chiantes au monde, aussi. » Je le laisse me prendre dans ses bras et je souffle doucement d'un air suspicieux lorsque je m'écarte un peu « j'ai cru que c'était une feinte et qu'tu resterais là-bas, que tu reviendrais pas. » Je pose mes mains sur ses joues pour bien le regarder « tu vas mieux ? »
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Jeu 13 Fév - 20:04

J'me rappelle que j'avais hésité, j'avais hésité longtemps à lui raconter pour la rehab. Parce que c'est pas un truc comme ça, qu'on s'dit en s'réveillant un matin. Tiens si j'allais m'faire soigner. Surtout quand, comme moi, on est convaincus qu'tout va bien. Je gère. C'est bien les mots que j'me suis répété le plus souvent. Ouais, tu gères Elio. Tu peux t'arrêter quand tu veux, c'est qu'une histoire de fêtes, de soirées, d'amusement. Ca rend ta vie un peu plus pétillante, mais c'est rien, c'est qu'un p'tit bonus. Jamais j'serais allé en rehab de mon plein gré. C'est un truc pour gens malade cette connerie, mais pas pour moi. Sauf que y'a eu l'reste, y'a eu la soirée d'trop. J'me souviens plus du moment où ça a dégénéré. J'pense pas avoir particulièrement défié l'destin ce soir là. Y'a juste, j'sais pas, un truc, un bon dieu là-haut ou une connerie du genre qui s'est dit tiens, aujourd'hui j'vais l'niquer Elio. Tiens. La porte s'ouvre et ouais, ça s'emballe là dans mon coeur. J'me dis merde, comment j'ai fait à rester aussi longtemps loin d'toi Nora ? Y'a mes lèvres qui s'étirent en un sourire et j'pose mon sac. Finie la distance. Disparue, balayée, effacée. J'me perds dans son regard surpris. Eh ouais, ouais j'suis là. " t'exagères j'ai pas tant changé qu'ça " j'souffle en me marrant doucement. Elle a cet air d'une personne qu'est pas sortie depuis belle lurette, les yeux qui flanchent face à la lumière, le souffle coupé par l'explosion d'oxygène. J'la serre dans mes bras quand elle vient à moi, j'm'enivre un moment d'son odeur, d'son contact qui m'a manqué. " toi aussi, toi aussi " j'murmure, à plusieurs reprises. J'ai comme cette impression d'respirer à nouveau. Y'a eu ce putain d'enfermement, cet enfer qui m'a presque fait imploser. J'suis pas un gars des lieux clos moi. J'ai b'soin d'espace j'ai b'soin d'lumière j'ai b'soin de vie. J'peux pas m'en sortir face à des zombies qui tentent de survivre. J'crois qu'ça a été l'épreuve la plus difficile d'ma courte existence ça, feinter l'sourire et la motivation. Rester déterminé. Me battre. Et putain, j'veux pas y retourner. J'veux qu'elle m'sauve Nora, j'veux qu'elle m'permette de vivre à nouveau. J'pourrais rester trois heures comme ça, à sourire, sans bouger, mais j'ai comme cette angoisse qui reprend. J'm'imagine que mon père a déjà découvert que j'suis pas chez moi, que j'me suis barré. J'l'imagine en train de chercher à m'tracer. Faut que j'disparaisse pendant un moment, faut qu'ils m'oublient. Y'a un truc qui cloche dans tout ce fil de pensées. J'deviens fou sans m'en rendre compte. J'tourne la tête et j'fais un haussement d'épaule en matant dehors, comme pour dire si si, j't'assure, c'est moi qui ai ramené le soleil. Mon soleil, mon p'tit soleil. En vrai mon p'tit soleil c'est toi Nora. J'finis par sortir de l'entrée et j'suis comme soulagé quand on ferme la porte derrière moi. Adieu danger. Mon coeur s'apaise, mon esprit s'éveille, l'délire s'en va et j'me sens enfin de retour à la maison. J'reprends mon sac à mes pieds et j'm'avance pour le poser un peu plus loin. " ça sera jamais pire que dix-neuf ans de vie commune avec ma soeur, tu sais " j'siffle en me marrant avant d'me retourner pour lui faire face. C'est vrai qu'niveau meuf relou elle bat des records, celle-là. Mais j'mens, j'les ai jamais trouvées chiantes les deux sud-africaines. Un peu chelou parfois peut-être, mais pas chiantes. J'pose ma main sur son bras avant d'la serrer à nouveau contre moi. Cette fois c'est bon, cette fois j'me sens bien. " t'es dingue c'était l'enfer là-bas, j'me suis cassé dès que j'ai pu ", et pourtant c'est pas coutume d'm'entendre rager comme ça contre mon pays. J'déglutis un instant tandis que j'sens mes lèvres trembler et j'enfonce mes mains dans mes poches. J'ai envie d'lui donner les pochons, d'lui dire tiens, balance-les, fais quelque chose, mais moi j'en veux pas. Sauf que j'ai pas la force. J'continue de m'dire que tout va, qu'j'ai juste pas eu d'chance. C'est ça, c'est qu'une histoire de chance au final. J'hoche la tête mais j'me sens comme gêné à l'idée d'la regarder dans les yeux. Une overdose Elio, sérieusement. T'es vraiment qu'un raté. " oui, les doc ont dit qu'ça allait ", j'murmure plus doucement avant d'laisser mon regard défiler sur les différents coins d'la baraque. Ca m'avait manqué ici, ce coin d'paradis. " apéro ? " j'propose, pour m'sortir de cette impasse. " comment ça s'fait qu'tu sois pas en cours ? ", j'crois que j'réalise que maintenant. On est vendredi. Vendredi fin d'aprem. Les cours ont repris et la vie suit son cours. T'es à la dérive Elio, faut t'reprendre.

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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Dim 16 Fév - 14:47

C'est comme une bouffée d'air frais qui s'engouffre dans mes poumons, de l'oxygène pur qui me réanime à nouveau. La porte d'entrée qui claque me fait le même effet que l'écho qui résonne en moi. Ça fait mal à mon corps parce qu'il avait oublié comment respirer. J'étais en veille depuis que t'es parti. Si on me l'avait dit j'y aurais pas cru. J'pose mes yeux sur son sac, son visage, ses affaires, son sourire. Pas changé, non. Plus bronzé, les joues moins remplies. « Si, t'as changé. » je fronce les sourcils un instant et après réflexion je lâche « j'veux plus que tu retournes là-bas. » J'imagine si un truc devait changer en lui à chaque fois qu'il s'en allait loin comme ça. Au bout de dix voyages ça serait déjà plus Elio. « Ou alors je viens avec toi. » j'ajoute finalement en souriant comme une petite maline. Et si on change à deux ça m'va. J'le regarde. J'exagère. Il a pas changé tant que ça. Même sourire, mêmes yeux rieurs, même tic de passer sa main dans ses cheveux, même air gêné quand il attend que je dise quelque chose. « Ça va je blague. » j'dis en me baissant pour ramasser son sac et aller le mettre dans une autre pièce. Même si j'aimerais bien. Quand je reviens dans l'entrée j'expire. J'oublie toujours qu'il a une soeur. J'aurais bien aimé, moi, savoir ce que c'est d'avoir des frères et soeurs, ou même juste un seul. S'engueuler, se chamailler, se raconter des secrets, être solidaire contre les parents, rigoler, et encore s'engueuler. Une boucle sans fin, faite de rires et de cris. J'imagine que c'est ça qu'on fait. C'est en tout cas ce qu'on fait Bamba et moi. Mais mes parents n'avaient déjà pas le temps de s'occuper d'une seule comme moi, même si je n'étais pas contrariante, j'imagine qu'un autre enfant aurait été de trop. J'les comprends. N'empêche que ça a créé un certain vide en moi. Comme si toute la responsabilité et l'espoir que je vois dans leurs yeux quand à la destinée de notre famille reposait sur mes épaules. Et ça m'étouffe. Je crois qu'on a vraiment bien fait de s'en aller. De prendre notre envol, et partir comme des voleuses parce que c'est ce qu'on sait faire de mieux. « Moi j'aurais bien aimé avoir une soeur. » j'souffle. Même si j'en ai une en vrai. Elle doit sûrement être en train de chanter dans le jardin ou quelque part en ville. Mais j'oublierai jamais le coup de poignard que j'ai cru recevoir dans le coeur lorsque j'ai surpris cette conversation entre ma mère et la voisine au détour d'un couloir. Comme quoi "il faudrait le leur dire, un jour". Je hausse un sourcil. Là-bas, l'enfer ? J'ai du mal à y croire. « Tu vas me dire que tout le temps que tu étais là-bas t'es resté dans ta chambre, sage comme une image ? Tu t'es pas échappé, même juste une nuit ? » Moi j'deviendrais folle. Si on m'enfermait, si on m'obligeait à suivre un programme, à faire ce que l'on me dit. J'ai jamais eu personne pour me donner des ordres, j'sais même plus ce que ça fait depuis qu'on est parties. J'le regarde de travers. Les docs ont dit que ça allait, ça veut pas dire que toi ça va. Mais j'insiste pas, j'ajoute rien. « Oui, fais goûter ton truc alors. » j'dis en sortant des verres avant de m'affaler à nouveau dans un des canapés. Pourquoi je suis pas en cours, bonne question. Déprime chronique ? Chagrin sans motif ? C'est dans ce genre de moment que je me sens débile. J'ai pas de raison de mal aller, moi. Y'a qu'à regarder autour de moi. Mais c'est pas pour autant que le cerveau suit, parfois y'a des trucs qui déraillent là-dedans et ça prend du temps, avant de refonctionner normalement. « Les cours me saoulaient. J'avais besoin de faire une pause. » Cinq ans que les études me saoulent, cinq ans que je dis que c'est pas fait pour moi et que je vais arrêter. Mais cinq ans que je ne le fais pas. Parce que c'est comme ça. Dans la vie quand on s'appelle Nora on n'abandonne pas.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Jeu 20 Fév - 14:57

J'ai changé ? J'sais que j'ai maigri, j'sais que j'ai ce teint halé du mec qui a doré au soleil, mais autrement ? J'me demande si en un mois et demi on peut vraiment changer. Revenir et s'retrouver face à quelqu'un qui ne nous reconnaît plus. Quelqu'un qui n'veut plus de nous. Plus d'moi. De cette nouvelle version de moi. J'ai comme un flash de tout ce qu'il s'est passé pendant cette période. Fêtes, lumières, musique trop forte, électro entraînante, basses mal réglées, cœur qui s'emballe, poudre blanche, alcool, lendemain difficile, gueule de bois, sourire rassurant, déjeuner familial, soleil, océan, soleil, océan, lumière, flashs, alcool, MD, sourire, noir, chute. J'me mords la lèvre. Y'a comme un malaise là, de moi à moi. J'arrive plus à identifier c'qui est bien et c'qui ne l'est pas. J'me demande si c'était ça l'but de la cure. M'faire douter. M'faire culpabiliser. Me faire changer. " j'compte pas y retourner avant un bon moment " je souffle. Y'a comme un dégoût, appréhension des pièces blanches et des cliniques. J'pense à mes parents et y'a ce frisson qui me parcourt l'échine. J'veux pas les voir. J'me sens mal à la simple idée d'ressentir ça. J'ai jamais été ce genre de mec. Ce genre de gosses qui font des conneries et remettent toute la faute sur le dos de parents trop distants, trop absents, trop transparents. J'leur en ai rarement voulu pour quelque chose. Mais là j'leur en veux. J'leur en veux de douter de moi. J'passe mon bras autour de son épaule et j'me serre un peu contre elle. Tu m'as manqué putain, tu m'as manqué Nora. Y'a c'vide qui semble se remplir à nouveau. Y'a ce sourire qui se dessine sur mes lèvres. Y'a mon cœur qui s'apaise. Y'a l'angoisse qui s'efface. Y'a l'appréhension qui retombe. J'pense que c'est ça qui peut changer en un mois et demi. Maintenant j'sais. Maintenant j'comprends à quel point t'es indispensable à ma vie. Si j'bouge, j'veux qu'tu bouges avec moi. J'la laisse faire, j'la vois attraper mon sac, le poser à côté. J'me dis qu'ça y'est, ça veut vraiment dire que j'suis arrivé. " t'en as une " j'murmure. C'est tout comme. Bamba et Nora. Y'a cet espèce de truc entre elles, ce fil doré qui les réunit. J'trouve ça sacrément beau, moi. J'me demande où elle est la Bamba, à c't'heure-ci. J'tends l'oreille à la recherche du moindre bruit. J'entends rien et j'sais pas, j'crois que j'en suis un peu soulagé. J'ai besoin de parler à Nora. J'ai besoin d'retrouver mes repères avant d'affronter le reste du monde. Comme quand j'suis sorti de la clinique. Tout m'a paru tellement violent d'un coup. Tellement loin, tellement irréel, tellement différent. " putain j'ai essayé, t'imagines même pas comme j'ai essayé d'forcer la fenêtre les premières nuits " j'me marre doucement avant de hausser les épaules " puis j'ai capté qu'en faisant c'qu'ils attendaient de moi j'me serais cassé plus vite " j'm'appuie contre un mur " mais j'suis devenu pote avec un des gardiens de nuit, il me filait des clopes en douce c'était cool ", j'ouvre mon sac et j'en sors la meilleure cachaça fraîchement achetée avant d'quitter les frontières. J'suis tenté à l'idée d'partir à la recherche de citrons verts et tout le tintouin pour faire des caipi, mais y'a cette flemme qui prend l'dessus. Alors j'me dis qu'tant pis, un p'tit verre pur ça peut pas faire de mal pour se remettre en état. J'm'étale à côté d'elle dans le canap avant de lui tendre un verre. " c'est vital parfois d'faire une pause ", j'sais bien de quoi je parle. J'la connais Nora, j'sais que c'est pas le genre de fille qui baisse les bras et abandonne. Mais on est qu'des putain d'êtres humains. Avec des périodes de doute et des faiblesses. On a bien l'droit d'se laisser aller un peu. De dériver. J'me demande si mon problème c'est ça, c'est qu'j'ai trop dérivé. " à la pause " j'siffle en souriant avant d'lever mon verre. J'croise son regard et j'me demande si c'est bien réel tout ça. Elle, moi, nous, ici. J'y croyais plus. J'avale une longue gorgée et ça m'brûle la gorge. " y'a pas de dégât des eaux chez moi " j'finis par dire après quelques secondes. J'fixe un point au loin parce que j'ai du mal à assumer c'que j'vais dire. " j'étais pas censé revenir en fait, enfin si mais que pour récupérer mes affaires " j'sens un truc se bloquer au fond d'ma gorge " mes parents veulent que j'reste au Bra, pour me surveiller et tout " j'tourne la tête " j'suis pas malade Nora, j'suis pas un putain d'malade, j'vais bien, j'ai pas besoin qu'on me surveille, j'veux pas y aller " J'veux rester ici Nora. J'veux rester avec toi Nora.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Sam 22 Mar - 19:50

Je m'enfonce dans le fond du canapé avec mes genoux repliés contre ma poitrine, mes yeux restent à moitié ouverts seulement comme toujours mais mon regard ne vrille pas ni ne se détache de lui. Je l'observe. Je sais pas si c'est physique, ou si c'est dans l'attitude, mais je persiste et signe, quelque chose a changé. C'est pas positif, c'est pas négatif non plus. Juste différent. J'imagine qu'on ne ressort pas d'un séjour comme celui-ci indemne. Mais j'suis plus la même non plus. Ça fait forcément quelque chose, quand l'une des personnes qui fait partie de toi part aussi longtemps. Loin, coupé du monde, dans un autre espace-temps. Parce que même si quand j'y suis allée j'étais trop petite pour m'en souvenir je sais que là-bas c'est pas comme ici. Rien n'est comme ici. Ça a été violent, pour moi aussi. D'autres habitudes, d'autres personnes à qui parler, à qui penser. On imagine pas, t'imagines pas. T'imagines pas combien de fois j'ai voulu t'appeler et combien de fois j'me suis dit que si t'étais là-bas c'était pour ton bien. Que ça servait à rien. De remuer le couteau dans la plaie, de remuer les émotions perdues dans ce trou noir. Y'avait plus qu'à attendre. J'ai attendu. Et t'es là. Et t'as changé. Je hoche la tête, bien sûr que j'en ai une. Bien sûr que ça m'a jamais choquée qu'on fasse des repas de famille avec deux paires de parents, deux paires de grands-parents et deux paires d'enfants. Bien sûr que ça m'a jamais dérangée de vivre à cheval entre deux maisons, ni de me marier avec une fille que je considère comme ma soeur. Bien sûr que Bamba est ma soeur. J'crois que j'ai jamais été très conventionnelle, que ce soit dans ma vie familiale, étudiante ou relationnelle, et j'crois que j'le serai bel et bien jamais. Jamais, t'entends ? « Et tu penses que t'as bien fait ? » j'demande doucement. « De faire ce que les gens attendaient de toi que tu fasses. » Sans doute que oui puisqu'il est là, devant moi, au premier regard plus en forme et reboosté que jamais. Mais moi c'est un truc, j'ai jamais pu. Mon coeur se serre au moment où nos verres s'entrechoquent et ses paroles qui se perdent dans l'air. C'est vital parfois d'faire une pause ; d'faire une pause ; pause. Ses mots résonnent dans ma tête et j'me demande ce qu'il serait devenu, sans sa pause à lui, son petit détour par la case rehab. Si ça aurait été vraiment grave, s'il aurait pu y passer, avec son overdose. J'me demande si j'aurais pu y passer, aussi, moi, sans lui. Je grimace comme pour dire tu sais, elle a un peu duré la pause. J'avale la moitié de mon verre d'un coup parce qu'il parait que ça fait plus son effet quand tu bois vite. Je fronce les sourcils, y'a pas de problème chez lui, mais il est là avec sa valise, il a ramené un problème avec lui. J'me redresse et pose mon verre sur la table basse devant nous. Je l'écoute, je le regarde, je comprends. Je pose une main sur son genou. « N'y va pas. » Si c'est pas là que ton coeur te dit d'aller, si c'est pas là que tu te sens bien, si tu le sens pas, n'y va pas. « Tu peux rester là autant que tu veux, la maison est bien trop grande pour deux. » Je cherche pas d'explications, j'me dis juste que c'est ce que j'aimerais qu'on me dise dans cette situation, et c'est aussi ce que je pense. Je perds mon sérieux deux minutes pour laisser un sourire s'installer sur mon visage. « Puis t'es parti tellement longtemps que même si t'étais venu m'annoncer que tu comptais retourner là-bas pour de bon je t'aurais pas laissé partir. » je fais. Parce que moi j'y arrive plus sans toi.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Mer 26 Mar - 14:50

J'enfonce une main dans la poche de mon sweat. J'fais glisser le pochon de poudre entre mes doigts. Tu devrais l'jeter, j'me dis. Tu devrais l'donner à Nora, elle saura quoi faire Nora, elle sait toujours quoi faire Nora. J'me demande à partir de quel moment j'ai commencé à placer toute ma confiance en elle. J'me demande à partir de quel moment elle m'est devenue aussi importante. Indispensable. Toi Elio, toi mon gars, toi ce mec qui ne s'est jamais laissé aller à ses sentiments, tu t'retrouves aussi fragile face à une fille. C'est pas normal, j'me dis. J'suis pas comme ça, j'me prends pas la tête moi. J'm'amuse. J'm'amuse. J'serre le pochon. J'm'amuse. J'serre le pochon. J'me suis amusé. J'me suis suffisamment amusé comme ça. J'me suis suffisamment retourné l'cerveau. Comprends-moi Nora, j'ai jamais voulu partir. J'ai jamais voulu faire ça. J'ai jamais voulu tomber dans c'trou noir. J'y repense et j'sens un frisson remonter dans mon dos. Comme un bain glacé. Comme un malaise. J'sors ma main de ma poche et j'm'ébouriffe les cheveux. J'y arrive pas. J'peux pas m'en débarrasser, pas comme ça. J'suis pas malade. J'suis pas malade. Les docs l'ont dit, ça va. J'souris. Oui, ça va. Ca va, j'en suis convaincu. J'veux pas la jeter. C'est pas un rail de temps en temps qui va m'tuer, pas vrai. Puisque ça va. Puisque j'suis pas malade. Ca va pas m'tuer. Ca va aller. Ca va. " en même temps j'avais pas trop l'choix. j'me suis réveillé à l'hosto branché d'partout avec un tube dans la bouche. ils m'ont dit rehab j'ai dit ok. et puis après voilà, j'ai fait au mieux pour m'tirer rapidos " j'baisse un peu la tête et j'me marre. J'sais pas si c'est nerveux ou quoi, mais j'me marre. J'me marre souvent, moi. Pour détendre l'atmosphère, pour m'dire que rien n'est grave. C'était qu'un hosto. C'était qu'un lavage d'estomac. C'était qu'une rehab. Rien d'plus. Y'a nos verres qui claquent. Cul sec. J'sens la brûlure dans ma gorge mais j'grimace pas. J'lâche rien, même si mon corps tout entier est écœuré. Ca fait un mois qu'j'ai pas touché à de l'alcool. Ca fait un mois que j'ai pas touché à de la drogue. Un mois, depuis ce soir là. Depuis les flash et depuis les frissons. Depuis la lumière et depuis le noir. Est-ce que ça va être comme ça maintenant ? Est-ce que c'est vraiment ça l'destin ? Souffrir à chaque fois qu'j'en prends. Etre dégoûté. Pour toute j'réponse j'me sers un deuxième verre que j'me siffle tout aussi vite avant d'le reposer sur la table face à moi. J'me demande si j'ai toujours été aussi égoïste. J'entends la voix de Nora mais j'arrive pas à m'retourner. J'arrive pas à la regarder. Y'a mon cœur qui s'emballe et les palpitations m'font perdre la raison. J'sens sa main sur mon genou et ça m'fait l'effet d'un électrochoc. J'me mords la lèvre tandis que j'sens encore le dégoût au fond d'ma gorge. " merci " j'dis doucement. Merci d'bien vouloir de moi. Merci d'pas m'rejeter. J'suis pas parfait, je l'sais, mais j'essaie de changer. Tu m'transformes en type bien Nora. " j'suis désolé, t'sais, d'être parti, comme ça " j'ajoute enfin, en m'retournant vers elle. Evidemment qu'elle savait qu'j'retournais au Brésil quelques temps, mais ça devait être quinze jours. Pas plus. Tout l'reste là, tout l'reste ça devait pas avoir lieu. C'était pas écrit. C'était pas programmé. Rien d'tout ça n'était programmé. J'essaie de détendre ma main crispée et je la pose doucement sur la sienne. J'suis désolé d't'avoir lâché, Nora. D'avoir lâché notre vie, d'avoir lâché la vie. " puis j'débarque là, au milieu d'cette journée ensoleillée, t'étais tranquille et vlam ma dose de mélo. sérieux t'as l'droit d'me baffer ou d'me demander c'que tu veux " j'conclue en souriant avant d'me relaisser tomber en arrière sur le canap. J'croise son regard et j'baisse à nouveau la tête. J'sais plus quand est-ce que j'ai commencé à baisser la tête, à fuir les regards. Détends-toi, Elio. Tout va bien maintenant. J'serre toujours sa main et j'me dis qu'un mois et demi c'est long. C'est beaucoup trop long tout ce temps loin de toi.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Mar 8 Avr - 0:34

Je sais pas trop si j'aurais dû poser la question, si c'est une bonne chose en soi. J'écoute ce qu'il me raconte et je l'imagine là devant moi "branché d'partout avec un tube dans la bouche". L'impression d'une descente émotionnelle et d'un profond malaise. Un sentiment d'impuissance, d'inutilité bien ancré. C'est seulement maintenant que je réalise l'ampleur des dégâts, à quel point ça aurait pu être grave. A quel point j'étais pas là, à quel point j'aurais rien vu arriver de tout ça. Mais je sais pas, moi. Elio il me dit toujours que ça va. Qu'il gère, que y'a pas de quoi s'inquiéter, il veut tout dédramatiser. Je ne crois pas être une fille envahissante, qui impose ses idées aux gens. J'aime les laisser vivre, avoir leurs propres idées et envies, leur bulle privée qu'il ne faut surtout pas faire éclater. Mais à quel prix ? Je me mords la lèvre inférieure et je culpabilise. Est-ce que j'aurais dû, m'inquiéter ? Réagir, faire quelque chose ? Je relève les yeux vers lui et j'ignore quoi faire. J'ai pas envie qu'il se sente fliqué, surveillé, j'suis pas comme ça, moi. J'suis pas de ceux qui s'immiscent dans la vie des gens en prêchant un mode de vie absolu. Mais en même temps, je tiens à lui, ouais, qu'est-ce que je ferais moi s'il lui arrivait du mal. « Mais tout ça c'est derrière toi, pas vrai ? » C'est derrière nous, tu le promets, j'te verrai jamais plus dans un état comme ça ? Y'a quelques secondes on plaisantait, je plaisantais sur son détour par la case rehab. Mais ça me fait plus rire. Moi j'ai peur, pour toi, pour nous, et pour tous ces trucs qu'on ne maîtrise pas. J'souris parce qu'il s'agit pas de faire la tête. Tu viens de rentrer, je suis heureuse, plus qu'heureuse de te voir ici. On trinque et je croise son regard. Elio, sacré Elio. Désinvolte dans tous tes excès. Les yeux perdus dans le vide, je me penche sur la table basse sans trop savoir pourquoi et je fais en sorte de pêcher une fleur dans le vase qui s'y trouve. Une rose. Je la respire, je la brandis dangereusement en direction de mon tandem retrouvé et clâme avec les yeux plissés telle une actrice d'une vieille sitcom pour ménagères de moins de cinquante ans « je suis l'épine qui pique ton coeeeeur » Je fais la maline mais en fait j'me sens pas si bien. J'réponds pas, j'vais pas te baffer Elio, j'ai rien à te demander non plus. Si ce n'est de rester, de plus t'en aller. D'une impulsion légère je me lève sur mes deux jambes et me dirige vers la cuisine à la recherche de carottes à croquer. Sur le rebord de la fenêtre j'aperçois des petites bougies blanches qui peinent à rester allumées, et je me demande si c'est Bamba qui les a utilisées pour un de ses rituels. Sans doute oui, puisque ça fait un certain temps que je n'étais plus sortie de mon lit. J'étais en stand-by sans toi. J'expire doucement en croquant les aliments orange, puis je me dis que ça ne se fait pas de laisser les invités dans le salon. « Eh, tu peux venir, tu connais la maison ! » je crie un peu pour que le son de ma voix lui parvienne. Y'a un peu mon coeur qui tambourine à l'intérieur, j'me demande constamment ce qu'il a dans la tête, lui, et si mes pensées sont partagées. Ça me tue. Mais j'vois pas ce que je pourrais faire pour y changer. Je pars à l'aventure dans le frigo, toujours aussi rempli par les soins de Bamba. Si son comportement est constamment celui d'une petite fille, elle est en revanche très réactive lorsqu'il s'agit de se remplir le bidon. Ce qui n'est pas pour me déplaire, bien que mon appétit ne soit en rien à la hauteur du sien. Je soulève un peu tous les aliments, me demandant s'il y a un truc qui pourrait bien plaire à Elio dans tout ça, connaissant tous ses goûts par coeur. J'me trouve un peu pathétique, mais j'crois que j'ai aussi envie de lui montrer, à Elio, que dans la vie on peut se faire plaisir autrement qu'en se foutant en l'air.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Mar 8 Avr - 10:43

J'm'accroche à sa main. J'aimerais bien lui dire qu'oui, oui tout est loin derrière moi. Plié, abandonné, brûlé à la clinique de rehab. Ciao les mauvais souvenirs, ciao les déboires, ciao le je-m’en-foutisme. Mais à vrai dire j'en sais trop rien. J'pense à ce pochon rempli d'coke là, dans ma poche. Juste là, à quelques centimètres de ma main, de la sienne. Prêt à être utilisé. Prêt. J'me revois me réveiller dans ce lit blanc, j'me revois perdu, à moitié dans les vapes, à m'demander ce que je fous là. J'me rappelle du malaise, j'me rappelle de l'horreur de ces tubes qui me "maintenaient en vie". J'ai voulu m'casser, j'ai essayé de m'débarrasser de toutes ces conneries, mais j'ai pas pu. J'ai vu l'effroi dans le regard de ma mère et la déception dans celui de mon père. J'ai vu ma sœur revenir en urgence de je n'sais quelle conférence à Taïwan et me serrer dans ses bras comme elle ne l'avait jamais fait. J'comprenais pas moi, j'comprenais pas où était l'problème. Et j'crois que j'le comprends toujours pas vraiment. J'me rends pas compte de ce que j'ai frôlé, ça m'paraît tellement irréel. La mort ? Mais c'est pas possible, c'est pas possible, ça m'fait sourire, ça aurait pas pu m'arriver. Pas comme ça, pas l'air de rien. J'serre sa main à Nora, j'ai l'coeur lourd, parce que dans son regard à elle aussi j'vois un truc nouveau. L'inquiétude, je crois. Et ça m'tue, ouais, ça m'tue qu'elle puisse ressentir ça. Ca m'tue qu'elle puisse ressentir ça à cause de moi. " ça va aller Nora " je murmure en cherchant son regard. J'y crois vraiment. J'sais pas c'qui est derrière et j'sais pas c'qui est devant moi, mais j'sais que dans tous les cas ça ira. J'esquisse un sourire du coin des lèvres. Du moment que j'dois pas repartir, du moment que j'peux rester ici, tout ira bien. Marrant comment tout d'un coup le paradis peut virer en enfer. Pour moi Rio ça a toujours été la délivrance, mon chez moi, ma quiétude. Y'a ce truc viscéral qui me rattache à cette ville. Ca a beau avoir été le lieu de mes premières galères, de mes premières conneries, de l'autorité parentale, des cours et du lycée, j'ai toujours eu ce sentiment de liberté lorsque mes pas frôlaient le sol de la ville aux mille lumières. Et pourtant, d'un coup, je cherche à la fuir. Y'a des nouvelles images, des nouveaux souvenirs qui me rattachent à elle. Trop d'éléments que je préférerais pouvoir supprimer de ma mémoire. Gommer, effacer, bam, comme ça, d'un coup. Mais j'peux pas. Et ça m'blesse, ça m'blesse profondément d'avoir peur de mon chez moi. J'me demande quand est-ce que ça s'apaisera, j'me demande quand est-ce que tout reviendra à la normale. Tu t'es foutu dans une belle merde Elio, j'me dis. J'déglutis avant d'me rendre compte que j'suis dans mes pensées depuis un bout d'temps. J'la regarde, Nora, et j'vois bien dans son regard que y'a un truc qui cloche. J'aimerais pouvoir dire un mot, n'importe quoi pour lui arracher un sourire. Mais j'y arrive pas, alors j'fais juste une nouvelle pression sur sa main. Avant qu'elle ne m'échappe, avant qu'elle aille soutirer cette rose à son eau. J'me porte les mains au coeur pour suivre sa petite comédie et je lâche un petit souffle plaintif " aaah ", j'ai un mouvement de recul, comme si j'étais touché par balle, de plein fouet. J'finis par me marrer assez vite parce que j'me sens toujours très con et gêné quand je joue la comédie. C'est pas moi, ça marche pas. Y'a Nora qui s'échappe et j'la vois marcher vers la cuisine. J'reste un instant sur le canap, les lèvres pincées, à ruminer mes angoisses. Puis j'finis par m'lever, enlever mon sweat et le rouler en boule dans un coin histoire de m'débarrasser du poids de ce pochon qui m'encombrait la conscience. J'ai froid, j'sais pas trop pourquoi vu qu'il fait plutôt beau et doux dehors, mais j'sens ces frissons me parcourir le corps tandis que j'entre dans la cuisine. J'sais pas ce qu'elle cherche, Nora, mais j'ai l'impression que c'est pour moi. J'me cale à côté d'elle et j'pose une main sur son dos pour qu'elle se tourne vers moi. " t'inquiètes j'ai pas faim, j'suis encore tout engourdi du voyage ", j'glisse en hochant un peu la tête. J'veux pas qu'elle s'agite pour moi, j'veux pas qu'elle se préoccupe. C'est bien le truc qui m'a toujours angoissé, ça, le regard des autres. Parfois j'aimerais être invisible et pouvoir m'échapper à travers les mailles des regards. J'laisse glisser ma main le long de son bras et puis l'air de rien j'l'attaque et j'me met à la chatouiller. Ca m'arrache un rire un instant, j'la connais par coeur Nora, j'sais exactement quels endroits sensibles toucher. A côté de son épaule droite par exemple. J'finis par me calmer et récupérer la bouteille d'alcool avant d'm'asseoir sur l'un des plans de travail de la cuisine. " on joue à un jeu ? ", j'me mordille la lèvre avant de plonger mes yeux dans les siens. Tu m'as manqué, Nora, t'imagines pas à quel point. T'imagines pas comme j'me suis senti vide tout ce temps sans toi. T'imagines pas comme j'me sens mal, là, de débarquer après plus d'un mois et de n'savoir rien de toi. " on s'pose toutes les questions qu'on veut, toutes, pour rattraper le temps perdu ", j'veux pas d'secrets, j'veux pas qu'on oublie des détails. J'nous sers à nouveau deux verres et j'en fais glisser un dans sa direction. " t'as un copain ? " j'finis par lâcher, tandis que mon coeur s'agite un peu plus. J'pourrais faire comme si de rien n'était, comme si tout était anodin, comme si cette question ne m'importait pas plus qu'une autre. Mais c'est pas le cas. J'veux savoir. J'veux savoir s'il y a quelqu'un d'autre avec qui j'dois la partager, Nora. Quelqu'un qui a débarqué pendant qu'j'étais pas là. J'veux savoir, parce que j'pense que j'suis pas prêt à accepter une autre présence.

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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Mer 9 Avr - 0:03

« Ouais. » J'finis mon verre d'un trait. « Il est dans ma promo, en dernière année, j'te le présenterai. » Plus c'est gros, plus ça passe. C'est ça qu'elle dit Bamba, hein, c'est elle qui m'a appris à mentir quand on était petites et qu'ils s'agissait de faire passer les petits voisins pour les coupables de nos bêtises. Tellement irréaliste qu'on finit par y croire. Mais moi j'ai jamais su être crédible dans ces histoires-là, alors c'est elle qui parlait et moi j'acquiesçais. Comme toujours. Je m'exprimais en silence. Comme aujourd'hui. Mon verre manque d'éclater entre mes mains tellement je le serre. Si fort. Si fort comme ma colère. Je sais pas pourquoi j'suis énervée comme ça, d'un coup. C'est encore un truc que je tiens de mon père, le manque de self-control. Y'a mon regard qui lui dit tu vois, il s'en est passé des choses quand t'étais pas là. Quand t'es parti, qu'tu m'as laissée là, toute seule. Tu peux pas revenir comme ça. Le sourire aux lèvres et les mains dans les poches, insouciant comme à l'accoutumée. C'est ça qui a changé. Je soupire. Oh la menteuse. La vérité c'est qu'en ton absence la terre s'est arrêtée de tourner. Y'a plus rien qui fonctionnait, plus rien qu'était comme avant. Moi j'te cherchais le soir quand t'étais pas là, je t'attendais au téléphone ou en bas de chez moi. Mais seul le vide était là. Je t'en veux, d'être parti comme ça, sans moi. De t'être foutu en l'air, alors que y'a des gens qui tiennent à toi, comme moi. De pas répondre à mes questions mais m'dire que ça va, à moi. « T'as vu on s'est mêmes mariés. » j'fais en agitant mes doigts sur l'un desquels se trouve ma bague de mariée m'unissant à Bamba. « Et toi ? » Je le fixe un instant, puis baisse mes yeux sur les glaçons qui peinent à fondre. J'sais pas pourquoi j'ai mis ça, alors que j'ai froid. Ça me glace le sang de penser qu'il puisse repartir un jour, comme il l'a fait. Je crois que cette pensée ne me quittera jamais. Parce qu'il est comme moi. Imprévisible. C'est aussi moi, cet attrait pour l'inconnu et le risque. Comme si tout ne tenait qu'à un fil, comme si tout pouvait en une seconde m'échapper, nous échapper. J'imagine ce qu'il a pu faire là-bas. Quelles personnes il a pu rencontrer. Quels sentiments il a pu éprouver. Quelle liberté il a dû respirer. J'envie ça, ouais. J'ai vécu ça en m'échappant de la sphère emprisonnante construite par l'aura environnante de notre quartier à Cape Town. Toujours voir ces mêmes gens, ces mêmes regards faux et désabusés, ces mêmes maisons immenses et vides. Quelle liberté que de se sentir voler, partir. Loin, vers un ailleurs meilleur. D'un continent à l'autre, d'un océan à l'autre. D'une culture à une autre. Mais les mêmes interrogations surviennent dans mon esprit. Qu'est-ce que je fais ici ? Est-ce que j'ai bien choisi ? Doucement je referme le frigo puisqu'il n'a pas faim. Et moi non plus. Juste soif, et froid. Froid de ton absence qui m'a glacée. Froid de ta place vide dans le lit à côté de moi. Je passe une main dans mes cheveux avant de m'asseoir sur le comptoir du bar. Je le regarde. Elio je ne te reconnais pas, Elio reviens-moi. « T'as pensé à moi ? » Ou pas du tout ? Ou l'ambiance de Rio t'a fait tout oublier quitte à en perdre l'esprit et presque la vie.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Mer 9 Avr - 0:49

Y'a mon cœur qui se serre, le rythme qui s'affole. C'est donc ça la douleur ? J'vois ses mains tendues, ses doigts qui tremblent à force de serrer trop fort le verre. J'me dis qu'c'est pas possible, pas comme ça, pas en un mois et demi. Comment tout a pu changer ? J'sens la colère et ça m'fout mal. Sa colère. J'crois qu'on s'est jamais disputés, Nora et moi. Pas comme ça, pas vraiment. Y'a toujours eu des chamailleries, de la provoc, des faux airs vexés, mais rien de plus. Pas de la rancœur. Pas c'que j'vois là, à travers son regard. J'reconnais ce ton, j'le devine le mensonge. Mais ça me fait sacrément mal malgré tout. J't'ai fait mal, Nora. C'est même plus une question, j'le sais. J'le devine. Trop perdu dans mon petit monde de déboires j'en ai oublié de vivre notre vie. J'suis égoïste. A force de répéter que tout va j'balaye les vrais problèmes sans m'en rendre compte. Si j'étais qu'un sale con, comme avant, comme quand j'étais un gamin, j'ferais une remarque. J'dirais tiens, j'ai pas reçu de faire-part. Mais ce mec là j'ai envie d'le baffer. J'déglutis et j'baisse les yeux. C'est trop dur de te regarder Nora. Trop dur de te dire la vérité. J'serre les dents et j'ferme les yeux un instant. C'est quoi la vérité, putain. C'est ce pochon que j'arrive pas à jeter ou c'est cette peur qui m'crève le cœur. Ce blues, cette rage. J'ai la haine, Nora. La haine que mes parents me fliquent et m'prennent pour un malade. La haine de m'être réduit à ça. La haine d'être un pantin, toujours un pantin. C'est toi-même qui l'as dit, j'fais ce qu'on attend de moi. Pas les couilles de me battre, pas la force de dire non. Moi, moi, moi. Moi j'ai vu des potes, j'ai fait la fête, ça a duré cinq jours et puis j'me suis retrouvé à l'hosto. C'est ça qu'tu veux savoir, Nora ? Si j'l'aime encore, ce monde pourri par les vices ? En venant ici, en t'connaissant, j'me suis promis que j'allais changer. J'ai changé, j'pense que j'suis devenu un mec mieux. J'saurais pas dire comment mais j'le sais. J'ai lâché les faux semblants et j'me suis pris à sourire. Mais j'peux pas tout abandonner. J'peux pas renier un monde que j'ai vécu, respiré, partagé pendant des années. J'sens un nouveau frisson, alors j'relève mes yeux et j'la vois là, assise, Nora. Assise sur le bar. " tout l'temps ", j'murmure. J'quitte mon perchoir et j'me fous face à elle. J'peux pas, moi, rester loin d'son corps. Surtout dans un moment comme celui-là. Surtout quand, pour la première fois d'ma vie j'sens que les choses vont mal. " j'aurais pu rester là-bas, mais c'est pas ça que j'cherche ", c'est pas ça que j'veux. Y'a pas toi là-bas, putain. J'sens ma voix qui déraille et mes mains qui tremblent. J'voudrais les cacher dans mes poches mais j'ai enlevé mon sweat. " tu m'en veux ? " j'souffle en serrant des dents. J'sais qu'oui, j'sais que j'aurais pas du partir, j'aurais pas du te laisser ici. J'aurais pas du te tenir à l'écart. Mais y'a Elio d'là-bas et y'a Elio d'ici. Elio d'là-bas il s'est perdu dans les abîmes de la clinique. Et Elio d'ici, bah, Elio d'ici il cherche encore à se sortir la tête de l'eau. J'pense qu'il l'attend, cette vague, celle qui le ramènera à la surface. Il a besoin de comprendre qu'c'est l'moment. C'est l'moment d'arrêter les conneries et de recommencer à respirer.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Sam 3 Mai - 17:44

J'regrette déjà ce que je viens de dire. Il répond pas. J'me dis merde, est-ce qu'il ne dit rien parce qu'il sait que c'est faux ou parce qu'il s'en fout ? S'il sait que c'est faux, je vais me sentir mal. S'il s'en fout, je vais me sentir encore plus mal. J'ose pas poser la question. Une musique fait un vacarme fou dans ma tête et mes yeux s'y perdent. Ils lui crient parle mais rien ne sort. Rien ne vient et ça fait un mal de chien. Bloquée. J'essaie de m'lancer mais c'est comme si mon cerveau n'arrivait plus à envoyer ses messages à mon corps. J'suis comme figée, les yeux fixés sur le mur blanc et j'attends. La délivrance ou simplement que passe cet instant. Je ferme un placard, range un verre, fais couler l'eau, ramasse une serviette tombée par terre, m'affaire à des activités futiles pour m'occuper les mains et l'esprit. Mais il reste, l'instant. Là, en suspens. Comme s'il m'était impossible de le contourner, comme si je devais l'affronter. Alors je lui demande enfin. « Tu t'en fous ? » J'lui demande alors et toi, mais là non plus il ne répond pas. Je n'sais pas. J'ai pas envie de passer par là mais ça me semble inévitable. Quand on s'aime trop on a du mal à accepter l'absence et le silence. Il a pensé à moi tout le temps, il dit. « C'est vrai ce mensonge ? » Un demi-sourire qui semble fatigué apparaît sur mon visage. J'me dis qu'en fait peut-être étais-je un peu avec lui, là-bas. Et lui alors était aussi ici avec moi. Puis mon sourire s'estompe. J'me sens pas bien. Je sens un truc pas net dans mon ventre, un mix de stress et d'inquiétude. Je sens que quelque chose ne tourne pas rond. On était heureux, là, quand t'es arrivé. Quand t'es revenu et qu'après tant de jours j'ai enfin pu te retrouver dans mes bras. Te sentir contre moi, tes cheveux, tes mains, tes yeux. Mais y'a ça. Y'a ce souvenir de manque dû à son absence et son silence, de douleur qui transperce ma poitrine et mon crâne mais qui m'dit pense à autre chose, ne t'arrête pas. « Tu cherches quoi ? » Si ce n'est pas ça. Si ce n'est pas être avec ta famille, là-bas, dans un pays où tu es chez toi. J'me demande où j'suis moi, où est-ce que j'suis chez moi ? Ici, là-bas ? A Sunset Valley, à Cape Town ou même nulle part ? Peut-être en plein milieu, au fond de l'océan Atlantique, ouais, peut-être que c'est là-bas que j'me sentirais enfin chez moi, que j'me sentirais enfin quelqu'un. Bamba elle s'adapte à tout, elle, elle est pas chiante, elle me suivrait partout. Moi à l'inverse je peine un peu à me satisfaire. Ça me fatigue cette instabilité en moi et cette incapacité à me décider. J'le regarde et je sais plus quoi faire. « Je sais pas. » Mes yeux croisent les siens et ne vrillent pas. Tu manques à moi et tout en moi me crie de te prendre dans mes bras. Mais y'a cette douleur envolée, ressentie sans interruption jusqu'à encore aujourd'hui matin, que je n'ai pas envie d'oublier.
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MessageSujet: Re: will i ever dance again ? (la plus belle) Sam 3 Mai - 18:27

Non, non j'm'en fous pas. Comment j'pourrais m'en foutre ? De toi, de nous, de tes mots, de nos cœurs. J'ai mal. Mal au cœur, mal à la vie. J'me dis, c'est donc ça l'amour ? C'est donc de cette douleur que parlent les livres, les films, les grandes poésies. J'aime pas me disputer, j'aime pas les tensions, j'aime pas les affrontements. J'suis pas un type à affrontements, non. Pourtant c'est monté, l'air de rien, comme ça. Y'a deux secondes on souriant et on s'marrait. Et maintenant, j'ai envie de chialer. Putain. Non, j'm'en fous pas Nora. Ca me blesse que tu puisses dire cette simple phrase. Ca me blesse que tu puisses penser ça, que tu puisses croire que je t'ai oubliée. J'me dis merde, combien de fois elle a du se dire ça, pendant mon absence. J'ai envie de tout balayer, revenir en arrière, ne plus partir. J'ai envie de te prendre dans mes bras, dis, j'peux ? J'ai l'impression qu'tout ne tient qu'à un seul souffle. Mon cœur qui est là, en suspend. Ma tête qui s'agite mais ne comprend plus. Mes yeux qui cherchent les siens, mais qui ne les croisent jamais. " bien sûr que c'est vrai " je serre des dents. J'ai envie de dire trop de trucs, pour la convaincre, pour qu'elle me regarde. " t'es tout l'temps avec moi Nora " tout l'temps. Et parfois ça me fait peur. Parce que j'ai jamais vécu ça, moi. Parce que j'ai jamais cru pouvoir dépendre autant de quelqu'un, de sa présence, de son sourire, de son souffle. Et quand j'étais là, là dans cette putain de chambre blanche, j'me demandais ce qu'elle en pensait, Nora. Ouais dis, t'en penses quoi toi ? Est-ce que tu m'aimes autant que moi je t'aime ? Est-ce que toi aussi t'as eu mal à en crever ? Je me mords la lèvre mais j'suis incapable de bouger. J'ai mal au cœur, j'ai les larmes qui montent. J'ai jamais pleuré. Pas pour ça, pas pour quelqu'un. J'me dis merde Elio, qu'est-ce qui te prend. J'me passe une main sur le visage, je ferme les yeux et j'efface les quelques larmes qui auraient pu y perler. Puis je déglutis. J'ai mal au cœur et mal au ventre. J'ai mal à tout, j'ai mal à moi. Mal à c'que j'ai pu te faire, Nora. Ouais, j'ai surtout mal à ça. " la vie, toi " ça fuse des mes lèvres et de mon âme " j'veux plus perdre mon temps à n'être qu'un mauvais reflet de moi-même " plus de dope, plus de peur, plus d'conneries. J'me sens bien ici, avec toi. On est bien quand on est tous les deux. On a un truc. On a ce truc qui fait qu'on est vivants. J'veux être vivant. J'veux être vivant avec toi. Je sais pas, elle dit. Ca cogne comme un coup d'poignard. Je sais pas, ça veut dire oui. Oui j't'en veux. " j'voulais pas " je souffle " j'voulais pas tout ça. me foutre en l'air, m'retrouver à la clinique. ne pas pouvoir donner de nouvelles. j'avais envie de me flinguer, j'te jure. j'en pouvais plus, chaque instant, chaque instant j'priais pour que ça passe, pour que j'puisse rentrer " je serre les poings parce que oui, moi aussi j'ai mal. Et j'ai mal de m'en vouloir autant pour quelque chose que j'ai pas pu contrôler. " tu peux m'aider ? " je finis finalement par murmurer. J'relève la tête. J'ai envie de coincer mon visage dans son cou. J'ai envie de m'allonger à côté d'elle et de m'endormir en sentant sa chaleur contre ma peau. J'ai envie d'elle. J'ai envie d'elle et moi ensemble. Parce que c'est la seule équation qui marche. C'est la seule solution pour que l'harmonie se dessine enfin.
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will i ever dance again ? (la plus belle)

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