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and it's all over much too soon + luke

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MessageSujet: and it's all over much too soon + luke Sam 25 Jan - 20:59

› Life is full of misery, loneliness, and suffering - and it's all over much too soon.
C'est la chaleur émanant de mon mug qui me réveilla, ce matin là. Le café attendait, patient, alors que mon regard se perdait au loin devant moi. Les bouffées de chaleurs montaient, fouettant mon visage, l'agressant de leurs odeurs acres. Une sensation réelle, un point d'encrage qui me permettait de vivre en quelque sorte. Sans cette sensation de douce brûlure je me serais perdu, encore. Perdu dans les yeux de Roxane, dans son souvenir, dans son sourire. Et le chagrin serait revenu, comme toujours. Derrière moi la porte claqua sans même que je n'y face attention. Jaime partait bosser, comme tout les matins. Il m'ignorait, comme tout les matins. Il me haïssait, comme tout les matins. Dans quelques jours tout cela n'aurait plus d'importance. Dans quelques jours je retournerai chez moi, avec ma famille. Parce que sans eux je deviendrai et finirai pendu je ne sais trop où. Je quittais ma vie tranquille, mon vieil appartement, mon colocataire. Tous ça pour retourner chez les fauves qui me servait de fratrie et que j'aimais pourtant plus que tout. Je quittais cette terrible solitude pour en rejoindre une nouvelle, celle de l'esprit et du secret. La plus destructrice, mais la plus tentante aussi. Si tentante que je me lançais dans l'aventure après sept années loin de mes proches. J'avais l'esprit embué, je ne ressentais plus rien. Et pourtant mon cœur était au bord de l'explosion, encore. Pas dormi de la nuit. Mal mangé. Je voyais des fantômes partout, encore et encore. Son fantôme. Son sourire. L'horreur. J'ai attrapé le mug et j'ai avalé le liquide sombre sans me soucier de la sensation de brûlure qui me fit mal. Pas grave, je m'en remettrais. La douleur physique était si bonne depuis plusieurs mois. Cette impression d'être vivant, cette sensation de douleur, si douce comparée à la douleur de mon âme. Il me fallait encore faire mes cartons. Pas envie, envie de rien, envie de sombrer. Je serais sociable demain, je serais sociable jamais. Peu être qu'un ou deux verres d'alcool ne feraient pas de mal après tout. Quitte à passer pour un ivrogne, autant le faire bien. Je ne bossais pas de toute façon, pas avant quelques jours. Mon patron m'avait laissé quelques jours de repos, encore. Il n'arrêtait pas de me donner des jours depuis deux mois. À chaque fois que je pétais les plombs, à chaque fois que je craquais et me mettais à hurler dans le service des urgences, m'en prenant au premier crétin venu. Oui, une bouteille me ferait du bien. Voir même deux. Je me mit debout, me dirigeant vers le bar de l'appartement, quand la porte résonna sous les frappes solides d'une main matinale. Qui était le con qui venait me voir si tôt ? neuf heures du matin, génial. En jogging, le torse nu, la tête dans le cul, je restai là droit comme un piquet dans le salon. Je n'avais pas envie d'ouvrir, pas envie de sourire au premier venu et pas envie de parler. Et pourtant la curiosité et une force étrange, comme menée par mon instinct primitif d'homme qui veut vivre coûte que coûte, me poussèrent à aller ouvrir, le visage fermé. Et c'est Luke que dévoila la porte. Luke, souriant, les mains prises. « Tu me veux quoi ? » La voix rauque, presque éteinte, me surprit. Depuis quand n'avais-je parlé à quelqu'un ?
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Sam 25 Jan - 21:39

Je ne le comprenais pas et il m'agaçait. Mon cousin semblait s'être refermé comme une huitre et même si c'était peut-être déplacé, j'étais vexé dans mon égo qu'il cherche même pas à me joindre histoire de me raconter ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Je m'étais levé, bien décidé à remédier à cette situation. Je ne bossais pas, pas avant cette après-midi, mais car je ne songeais pas à rentrer à l'appartement, je fila sous la douche en me réveillant et rassembla mes affaires de danse dans un sac avant de filer, une fois prêt et propre comme un sous neuf. Je partis ainsi, mes cheveux humides d'avoir un peu pris l'eau (je voulais pas les laver, mais bon, moi avec un jet d'eau dans le main et encore à moitié endormi, c'était pas franchement l'idée) me mouillant la nuque. J'avais enfilé un vieux pull rose bonbon (le genre que seuls les vrais mecs peuvent porter sans se sentir diminué *siffle*) très confortable dont on aurait put croire que je l'aurais shippé à l'une de mes soeurs s'il ne tombait pas si bien. Après avoir enfiler un pantalon de jogging par dessus mes collants de danse, je mis des baskets et quitta mon appartement, en baillant deux ou trois fois au passage. Je décidais de ne pas appeler Julian. Le connaissant en ce moment, il aurait essayer de me faire changer d'avis, quitte à même se barrer pour éviter une conversation. Non mais franchement, quelle mouche l'avait piquer ? C'était pas nous ça, j'avais pas pour habitude de devoir lui courir après. Alors voilà, j'allais lui faire une surprise et si ça lui plaisait pas et bien tant pis, le pauvre loup allait devoir faire avec. J'avais toutes les cartes en main et la décision de bien les jouer. Il aimait manger, à peu près autant que je détestais qu'il me fasse la tête. Ainsi, je m'arrêtais à la première boulangerie. Je ne lésinais pas, commandant les trois quarts de la vitrine devant l'air ébahie de la boulangère. Elle s'imaginait pas que j'allais manger ça tout seul, si ? Je lui adressa mon plus joli sourire, ignorant les petits soupires des gens arrivés derrière moi et qui devaient prendre leur mal en patience et lui donna la somme demandée avant de partir, mes poches de gourmandises dans les bras. Si là, j'étais pas un amour, je ne savais plus quoi faire. Je rejoignis l'appartement d'une démarche plus tranquille (ça aurait été bête de laisser tomber mon buffet tout en sucre et en douceur sur le trottoir en accélérant un peu trop la cadence de mes pas. Pas que j'étais maladroit, mais je n'avais pas franchement envie de tenter le diable) et me retrouva devant la porte de mon cousin. J'espérais qu'il serait seul, histoire qu'on soit plus à l'aise pour manger, mais surtout pour parler. J'afficha mon sourire le plus jovial et ferma mon poing avant de taper plusieurs fois. Je pouvais presque l'entendre souffler derrière la porte. Tss. Je t'aime aussi, cousin. Il avait sa tête des mauvais (très mauvais ?...) jours et il m'accueillit... Froidement. Je le faisais chier, mais tant pis pour lui, il avait qu'à m'appeler pour s'éviter ce genre de choses. « T’as l’air en forme. » Lançais-je. C'était ironique bien sûr. Je lui demandais pas de me laisser entrer, préférant me l'ordonner à moi-même, entrant sans demander mon reste, mes paquets toujours dans les bras. Je me tourna ensuite vers lui avec un haussement d'épaules. « Faut bien que quelqu'un te fasses sortir de ta tanière, mon gros ours. Enfin, techniquement c'est moi qui y rentres » dis-je avant de me pencher et de poser mes paquets au sol. J'en rattrapa un, un peu plus petit, contenant quelques donuts et je vins l'agiter sous le nez de mon cousin, mon sourire de tentateur aux lèvres. « Je viens en paix. Arrête de faire cette tête et viens déjeuner. »


Dernière édition par Luke Moore le Lun 27 Jan - 19:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 0:00


› Life is full of misery, loneliness, and suffering - and it's all over much too soon.
Le regard tout sourire de Luke me laissa perplexe un bon moment. Que me voulait-il enfin ? Il ne venait jamais si tôt dans mon minable appartement. Il ne venait quasiment jamais chez moi, pour mon plus grand bonheur en cette période sombre. Il semblait si heureux qu'une nausée féroce me prit soudainement. Luttant, je fit tout pour ne rien montrer d'autre sur mon visage qu'un je-m’en-foutisme des plus flagrants. Qu'il me laisse tranquille pitié... « T’as l’air en forme. » Ta gueule, pensais-je alors que ma main agrippait la chambranle, comme pour passer mes nerfs sur le pauvre morceau de bois. Dieu savait à quel point j'aimais ce cousin que les liens du sang m'avaient offerts, mais il tombait terriblement mal. Je ne voulais voir personne. Je voulais juste sortir le rhum, ou la vodka, ou le whisky peu être. N'importe quel alcool qui me sortirait de mon état de transe pour me transformer en une masse d'oubli et d'acceptation. Sauf qu'avec Luke dans les pattes ce serait complètement impossible. « Et toi tu n'as rien à faire ici. » Que je lui lançais, les sourcils froncés. Je le détaillais pour la première fois que mon regard, toujours aussi surpris que de voir cette crevette, habillé de rose comme pour me donner raison. Comment pouvait être aussi fin ? Ce n'était pas là la question, la question c'était de savoir ce qu'il foutait sur mon palier. Enfin sur mon palier... Plus maintenant puisqu'il me passait devant pour entrer dans l'appartement emplit de cartons, de souvenirs et de fouillis. La colère montait encore un peu plus et pourtant je pris le temps de souffler histoire de me calmer. Pour rien au monde je ne voudrais lui faire du mal, pas à lui. Il semblait ne pas vraiment s'en faire, que de mon air aimable. Il posa ses sachets, voletant d'un endroit à un autre tout en déblatérant pour mon plus grand malheur. Moi je le regardais faire, amusé malgré moi. Comment cet idiot faisait-il pour être si volatile, si gracieux ? Un oiseau qui venait se balader chez moi sans que je ne l'ai invité. Plus jeune d'un an, il semblait pourtant si loin de moi. « Je ne suis pas gros, je ne suis pas un ours, et je n'ai aucunement besoin de sortir. Je vais très bien merci de t'en inquiéter. » Tout mon corps brûlait d'envie de crier, d'avouer le mensonge, et pourtant je restais calme. Il avait raison, il avait tellement raison. Je ne sortais plus que pour aller au boulot où dans les bars, je ne me rasais que lorsque mon boss me l'imposait, je ne répondais plus au téléphone. D'homme j'étais devenu bête, d'amant je devenais haine. Et je me complaisais de cet horreur qui s'insérait dans mes veines déjà d'encres. J'allais lui dire de dégager lorsque Luke me fourra le paquet sous le nez, le laissant emplir mon espace vital d'odeurs appétissantes. Mon estomac réagit plus rapidement que moi, gargouillant alors que la faim me rappelait à la raison. J'avais faim, j'avais terriblement faim. Je mit la main sur la sachet, le regardant avec envie, avant de repousser le poing de son cousin. « J'ai pas faim Luke. » Je me dirigeais vers le bar de l'appartement, attrapant le mug à moitié vide. J'en but le contenu d'un coup avant de mettre le récipient dans l'évier., tournant le dos à l'autre homme, se concentrant sur ce mug qu'il lui fallait nettoyer. Épuisé. L'âme presque morte. Foutu. « Sérieusement Luke, qu'est ce que tu me veux ? On s'est parlé il y a peu il me semble non ? » Je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas le voir. Le voir signifiait voir la famille. Cette famille qui ne savait pas, qui ne comprenait pas. Cet homme qui avait un jour sourit à Roxane, qui m'avait féliciter pour avoir trouvé une telle femme, et qui maintenant faisait comme si rien ne s'était passé. Je le haïssais pour son inconscience, pour son ignorance. Je le haïssais d'être si heureux, si inconscient, si.. Si vivant. « Tu n'aurais pas du venir. »
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 7:16

Il avait vraiment son regard de tueur aujourd'hui et même si je m'efforçais de tout prendre avec légèreté avec mon air jovial, mon sweat-shirt rose et mon stock de pâtisseries, il m'inquiétait un peu. Qu'est-ce qui s'était passé pour qu'il soit... Comme ça ? Car il n'avait pas juste l'air fatigué, genre se relevant d'une cuite un peu sévère la veille. Il avait l'air crevé, oui, mais il y avait autre chose qui me poussait à camper sur mes positions quoi qu'il dise, à rester. Il avait besoin de moi, j'en aurais mis ma main à couper. Et j'étais d'humeur à avoir raison alors j'allais pas lui laisser l'occasion de me claquer la porte au nez. J'entra sans qu'il m'invite, décidant de le forcer un peu gentiment à aller vers moi et à me raconter un peu ses états d'âmes. Il s'en sentirait plus léger et moi aussi, j'en étais sûr. « T'es ma famille alors si, j'ai ma place ici. » Répondis-je, essayant de ne pas me vexer. Il était juste bougon, fallait pas que je sois susceptible. C'est ce qu'il cherchait : faire en sorte que je me braque un peu et que je parte de moi-même. Qu'il essaye, tiens. L'argument du "tu es mon sang", je le tenais de mes soeurs, de ma mère, de tous les gens qui avaient passés la porte de ma chambre quand j'avais le cafard et que je ne voulais pourtant parler à personne. Notamment après la mort de papa. Je concevais que ce soit pénible de se faire ainsi tirer par la main, mais c'était la première étape. Je tenais trop à Ju' pour le laisser comme ça. Visiblement, ma comparaison ne lui plut pas. J'arqua un sourcil. Pour moi, c'était pourtant impeccable : l'endroit avait tout d'une tanière et pourtant, dieu sait que j'étais pas le roi du ménage. Je ne répondis pas, me contentant de secouer doucement la tête, de façon négative. Histoire de lui signifier qu'il mentait et que je l'avais compris : oui, je m'en faisais pour lui car non, de toute évidence il n'allait pas bien et que si, il avait besoin de sortir. Le sentant encore très fermé (pour pas dire complétement), je tapa plus fort à l'aide de mon arme plus si secrète que ça, vu qu'elle était maintenant répandue sur le sol de l'appartement. Je poussa un soupire lorsqu'il repoussa ma main. Il commençait à me pomper l'air, celui-là. « Arrêtes, on a toujours la dalle, c'est dans nos veines. » Rétorquais-je. Il avait faim, ça se voyait et ça mettait bien en valeur sa mauvaise foi. Comme pour lui donner encore plus envie, histoire de le faire céder, je piocha dans le sachet et en sortit un beignet dans lequel je mordis. C'était bon, même si j'avais jamais été particulièrement gros mangeur. Disons qu'avec la danse, je pouvais pas me permettre de manger trop, alors j'y allais doucement. Enfin, ce que j'étais en train de me mettre dans le bide, c'était une tuerie et on le savait tous les deux, moi et Ju'. Il en voulait et j'allais lui en faire manger, même si fallait que je lui en mette moi-même dans la bouche pour qu'il finisse par avaler. Voilà à quel point je l'aimais, au point de lui mettre ma main dans la bouche, en sachant pertinemment que si je l'embêtais trop, elle allait finir par me mordre, cette sale bête. Il me redemanda ce que je faisais en allant chercher sa tasse. Je leva les yeux au ciel, saoulé. Il me prenait pour qui là ? Pour un inconnu ? Je mordis à nouveau dans mon gâteau et passa ma langue sur mes lèvres avant de répondre à mon cousin. « Si, en fait j'aurais même dut venir plus tôt. » Arguais-je. Je fis quelques pas vers lui, mon air jovial disparaissant au profit d'un air plus sérieux, plus peiné et plus inquiet. Il s'était détourné et je resta là, campé derrière lui. « Me prend pas pour un idiot, c'est insultant. Je te connais. Parle moi. Qu'est-ce-qu'il y a ? C'est Roxane ? » Il y avait pleins d'autres raisons possibles, mais bon, je savais qu'elle comptait beaucoup pour lui, alors peut-être que... Elle l'avait plaqué, peut-être ? Elle savait pas ce qu'elle ratait.


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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 9:32


› Life is full of misery, loneliness, and suffering - and it's all over much too soon.
L'intrus faisait tache dans mon minable appartement. Tout propre sur lui, tout pimpant quand autour le désordre et le chaos régnait. Presque de quoi me rendre honteux à vrai dire, mais pas encore assez pour que j'en sois gêné. Il était de ma famille, il comprendrait. C'est d'ailleurs ce qu'il osa me rétorquer lorsque je fit une nouvelle tentative pour qu'il comprenne que je préférais rester seul. Il n'en avait apparemment rien à faire de mes désirs, soit. Deux solutions s'offraient alors: jouer son jeu pour détourner l'attention, ou le chasser à grand coup de pieds au cul. Et même si la deuxième était terriblement tentante je ne put m'y résoudre. Parce que Luke était bien trop important pour que l'on se fâchent par ma faute. Le genre d'homme qui ferait un frère génial, même quand on a déjà trois modèles différents à la maison. Son avec ces maudits sachets me rendit curieux. Il semblait y en avoir pleins, contenant tous une foule d'odeurs sucrées terriblement appétissantes. Et mon dernier repas qui n'avait été que quelques fourchettes de pâtes me semblait si loin, si fade... La tentation fut pire encore lorsque cet espèce de grande brindille sorti un beignet pour mordre férocement dedans. Rien que l'idée du gout gras dans la bouche fit hurler mon estomac à nouveau alors que je me concentrais sur ce mug à nettoyer, mettant de coté mes sentiments et objections. La remarque de mon cousin concernant l'appétit familial m'arracha un sourire à mon plus grand désarroi. Si il me voyait faire il crierait victoire, et je n'étais pas d'humeur à entendre combien il était formidable avec moi. Je préférais regarder mon évier, sentant sa présence se rapprocher encore et encore. Les bouteilles d'alcools n'étaient même pas loin de moi, une véritable torture. Mes mains s’agrippèrent machinalement au rebord de la cuisine, résistant à l'envie de sombrer dans ce trou de lièvre qui peu être m’emmènerait dans un monde meilleur remplit de fleurs qui chantent et de théières brûlantes. Pourtant rien de tel ne se produisit, et la voix de Luke s'enfonça dans mon crane subitement douloureux. C'est Roxane. Sa question était terrible, il visait si juste en moi. La tristesse m'accabla alors qu'il me semblait me contrôler quelques secondes encore avant. Comme si l'on venait m'écraser, dans un choc d'une violence qui venait me couper le souffle. Ma vision se troubla et mes phalanges blanchirent sous l'effet de mes doigts se resserrant contre le plan de travail. Le silence m'étouffait. Il fallut un moment à mon corps pour se rappeler comment respirer, alors que je me redressais en direction des sachets, en ouvrant un pour en sortir un beignet, tout aussi alléchant que celui dont s’empiffrait Luke. Une bouchée et je paraîtrais dans mon état normal, c'était le deal non ? Il avait un gout de chocolat et mes doigts devinrent directement gras à son contact. Il était bon, il était prodigieusement bon. « Tu les as acheté où ? » Que je lui demandais, ignorant complètement ses questions et mon mal être. Peu être me changerait-il enfin les idées, non ? « Ils sont vraiment bon. La texture, ça fond en bouche, c'est terrible. » Je repris une bouchée, inspectant par la même occasion les autres sachets. « Tu as fais des folies ou je rêve ? T'aurais pas du Luke tu sais. Tu vas finir complètement ruiné si tu te mets à me nourrir. » Le regardant enfin, je tentais un sourire, un de ces sourires complices dont j'avais toujours eu le secret. Mais les faux semblants ne semblèrent pas des plus réussi et la grimace de mon visage s'extirpa avant qu'il ne pose des questions, encore. Peu être fallait-il mieux que j'engloutisse les denrées histoire que ma bouche soit occupée à autre chose. Les mots ne se sentiraient pas obligés de sortir alors.
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 10:46

J'étais inquiet pour lui, qu'il veuille bien le croire ou non. J'imagine que bon nombre de cousins ne se voient que pour les fêtes de Noël et se contentent de conversations badines à la "qu'est-ce que tu comptes faire plus tard ? Aw, oui, trop bien", mais voilà. Nous c'était pas pareil. De un, c'était plus qu'un cousin. Ca se reprochait plus d'un frère, le genre allié précieux dont je n'avais pas d'équivalent dans sa propre fratrie. J'adorais mes frangines, mais c'était tout de même vraiment pas pareil. Je leur racontais pas grand chose. J'avais l'habitude de radoter avec les filles, mais quand en plus c'était avec mes soeurs, qui me considéraient encore comme un gosse de sept ans, c'était même pas la peine. Autant parler de mon expérience au lit avec ma mère, tant que j'y étais. Avec Julian, j'avais l'habitude d'être honnête, genre vraiment. C'était peut-être la personne sur terre qui en savait le plus de moi et je voulais que ça reste réciproque. Je voulais qu'il me parle. J'allais pas le juger, enfin j'allais essayer, vraiment. Il ne répondit pas à mes questions, mais je le sentis se crisper. Il ne me regardait pas et je ne voulais pas avoir l'air de l'harceler pour voir sa tête. Je resta donc en retrait, attendant qu'il parle. Je porta le beignet que j'avais toujours à la main et le termina en deux bouchées avant de porter ma main à ma bouche pleine de sucre pour me lécher les doigts. Soudain, Julian se mit à bouger, direction mes achats, laissés sur le sol. Bon, c'était sans doute déjà un bon pas en avant. Je le suivis curieusement, attendant la suite. Je ne souriais plus, il commençait à m'inquiéter en fait. Cette façon de fuir une conversation ne pouvait que sous entendre qu'il y avait effectivement anguille sous roche. Je le regarda s'emparer d'un beignet à son tour et commencer à manger. Voilà, il avait faim. L'ébauche d'un sourire se dessina sur mon visage. Ok, il avait le visage et la bouche pleine, mais j'avais le sentiment d'avancer. Première étape, lui mettre un truc dans le bide, deuxième étape, lui arracher des confidences, troisième étape, le câlin pour le moral. Oui, j'étais comme ça. « La boulangerie, en bas de chez moi » répondis-je en l'observant. Je n'y descendais pas souvent, mais quand je le faisais, je me régalais toujours. ce genre de choses, ces petits bonheurs éphémères, c'est bon pour le moral et je sentais qu'il fallait que j'aide Julian à remonter la pente, bien que n'étant encore pas le moins du monde sûr de ce qui avait enclenché cette dégringolade. Il se mit à me décrire le beignet. Hum, ok, on en était à ce niveau là. J'acquiesça de la tête. Au bout d'un moment et quelques bouchées supplémentaires, il releva la tête vers moi en essayant de me rassurer avec un sourire. Avec quelqu'un d'autre, ça aurait peut-être eu exactement l'effet désiré, mais j'étais moi, alors ça ne fonctionna pas. « Je peux encore t'offrir un p'tit déj' digne de ce nom. Je roule pas sur l'or, mais une fois de temps en temps » répondis-je avec un haussement d'épaules et un sourire un peu forcé à mon tour. Bon sang, à quoi nous étions en train de jouer là ? Je tourna légèrement la tête, survolant l'appartement du regard. Je ne voulais pas le prendre à nouveau de front directement. Il fallait y aller doucement car ça devait être du lourd. Comme toujours lorsque je cherchais quoi faire et que j'étais un brin anxieux, je me passa une main troublée dans mes cheveux bruns avant d'indiquer la table basse de la tête. « Alors, on s'installe pour le manger, ce buffet ? » Proposais-je. On serait quand même mieux que là, debout, avec le tout par terre.


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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 16:22


› and it's all over much too soon.
Plus mes doigts s'accrochaient au plan de travail et plus je sentais ma force me lâcher, faisant de moi rien d'autre qu'une âme prête à exploser. Pourquoi la vie se devait-elle d'être si douloureuse ? Je voulais simplement éteindre le flot de mes pensées, rien qu'un instant. Une minute de silence dans ce corps qui hurlait à pleins poumons. Mes paupières se pressèrent malgré moi, comme pour refouler la moindre trace de destruction interne. Et dès lors je n'étais plus que machine, présent pour avancer et vivre comme n'importe quel autre. Parce que faire semblant me permettrait d'oublier, de ne plus être ce Jules qui se laissait dépérir. Comme un acteur grimpant sur cette scène qu'il affectionne tant parce qu'elle lui permet de s'oublier quelques heures durant. Je me devais de jouer la comédie. Pour moi, mais aussi pour lui. Il semblait inquiet, plus qu'il ne l'aurait du surement. Il me regardait et sa voix perdait de son éclat alors que son regard devenait sérieux, ce que je détestais. C'est peu être pour ça que je me suis mis à manger sous son regard insistant. Peu être pour ça que j'ai tenté de m’intéresser à lui, à ce qui se passait, à l'instant présent. Comme une lutte entre mon esprit désireux de s'enfuir dans les souvenirs lointains et mon être qui ne désirait qu'une chose: nager jusqu'à la surface pour éviter la noyade à tout prix. À force d'avaler à toute vitesse les morceaux de pâtisseries je finirais par m'étouffer, mais tant pis. J'avais besoin vital de me remplir subitement, si bien qu'une fois fini le premier des mets j'en attrapais un autre pour l'enfourner tout aussi vite. « C'est sympa d'avoir ramené tout ça en tout cas. » Souffla-t-il entre deux bouchées. Mentir à mon cousin devenait de plus en plus dur. Lui qui toujours était là pour moi, et voilà que je me jouais de lui. C'était du foutage de gueule, j'en étais bien conscient. Mais les mots ne sortaient pas, je les avaient tant en horreur que même les penser faisait mal. « Digne de ce nom ? Il y a de la bouffe partout, t'es complètement fou. T'aurais pas du Luke, vraiment. » Je m'en voulais d'autant plus qu'il se donnait à fond pour un traître et un menteur. L'idée me transperça et la nausée me prit. Je fermais les yeux, stoppant tout mouvements, avant de respirer un bon coup. Je  finirais par dégobiller ma tristesse et mon désarroi. M'installant sur le canapé avec lui, je m’empressais de finir mon deuxième beignet avant d'essuyer gauchement mes mains sur le jogging sale qui me servait de seule barrière contre une nudité certaine. Une question pourtant me troublait, si bien que je ne pu la retenir plus longtemps. « Luke dis moi, pourquoi es-tu venu ? » C'était paisiblement que je lui avait demandé, non plus en colère mais simplement curieux. « Je veux dire.. Tu m'as donné des nouvelles il y a peu, et puis vu ta tenue tu dois surement être attendu au boulot, et il est super tôt et... » Je m’arrêtais, plus vraiment sur. « Pourquoi t'es venu me voir ? »
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 20:59

J'estimais pas lui devoir quoi que ce soit. Aucune raison égoïste à ma présence ou à ma dernière dépense outrageuse dans la petite boulangerie en bas de mon immeuble. Je voulais le soutenir et pour cela, comprendre ce qu'il avait. Si quelques beignets pouvaient délier la langue de mon cousin, c'était ce qu'il me fallait et je le lui en aurais offert davantage s'il me l'avait demandé. Enfin, je pensais qu'on en aurait quand même assez. J'avais vu large, d'autant plus que, pour ma part, j'avais jamais eu un gros appétit et j'avais tendance à être caler à partir de trois petites viennoiseries. Je n'avais jamais été habitué à manger des masses et encore moins depuis que, au sein de la maison de mon enfance, la place de mon père à table restait désespérément vide, nous pesant tous à chaque repas de famille. C'était dingue comme son absence faisait toujours aussi mal, même après plus de dix ans. La présence de la famille de ses cousins avaient été précieuse et l'était toujours. J'éprouvais beaucoup de reconnaissance et ça passait par Julian. Je lui étais reconnaissant d'être là, tout simplement, avec moi. « T'inquiètes, ça me fait plaisir. » Répondis-je alors qu'il continuait à me dire que j'avais exagéré. Je ne me sentais pas super bien. Je voyais bien qu'un truc n'allait pas, ça se sentait et j'avais besoin de savoir quoi. Je ne savais juste pas comment m'y prendre pour obtenir des confidences quand il semblait bien difficile au premier abord de les lui arracher. Je proposais de nous installer. Ce serait peut-être plus simple, plus naturel. J'attrapa quelques sachets et les disposa sur la table, sans prendre quoi que ce soit. Pour l'heure, j'avais pas super faim et pas franchement envie de lui dire, car je sentais qu'il allait me faire les gros yeux. Ou pas. Il avait vraiment pas l'air dans son assiette et j'étais pas sûr qu'il s'offusque pour un rien. Il ne tarda pas à relancer la conversation. Il n'y avait plus d'animosité dans sa voix, mais malgré tout, ses questions me firent froncer les sourcils. Car je connaissais la réponse et je ne comprenais pas qu'il ai besoin de me la demander. Je lui lança un regard troublé, dans lequel se mêlait une bonne louche d'incompréhension, avec une poignée d'exaspération, car il avait pas l'air de comprendre. « Je m'inquiète pour toi » répondis-je sur le ton de l'évidence. Sérieusement, il pensait tromper qui que ce soit avec sa tête de mort vivant ? Il allait pas bien, un idiot aurait put le voir et qu'il estime que cela puisse être mon cas alors que j'estimais le connaître si bien, c'était une pilule pas si simple que ça à avaler. « Alors c'est vrai qu'on s'est parlé il y a peu, mais je te connais assez pour le sentir, quand t'es distant. Je sais que un truc te dérange, te fais de la peine. J'ai envie que tu m'en parles et c'est pas pour te faire chier, c'est car je pense que ça te feras du bien. » Repris-je d'une voix calme, posée, mais avec ce côté un peu autoritaire. Un peu le même que j'employais avec les petites en cours de danse. J'avais éluder son insinuation comme quoi j'avais sans doute mieux à faire, avec le boulot. Mon cours n'avait lieu que dans trois bonnes heures et j'avais tout avec moi. Par dessus tout, la danse comptait pas autant que lui et ça aurait été bien qu'il le comprenne, ce grand idiot.


Dernière édition par Luke Moore le Lun 27 Jan - 19:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Dim 26 Jan - 22:20


› and it's all over much too soon.
Plus je semblais m'ouvrir à lui, et plus il se composait un air terriblement sérieux, terriblement inquiet. Que voulait-il de plus, que je me mette à pleurer sur son épaule ? Non merci, j'étais peu être mal mais j'avais ma fierté. Et puis je n'avais plus de larmes en magasin, trop épuisé pour montrer quoi que ce soit. Je ne dormais plus. Et quand je dormais, son visage s'imposait à moi pour venir me torturer, encore et encore. Moi qui toujours avait eu un excellent appétit, je ne mangeais quasiment plus. Plus rien qu'une masse déconfite. Une masse qui écoutait Luke parler parce que c'est ce qu'il avait toujours fait de mieux. Mon cousin avait toujours été plus doux, plus calme que la plupart de mes amis hommes. Un homme sans sa carapace, un cadeau de dieu en ces moments. Moi je n'osais pas, restant dans cette image d'homme fort qui ne dit rien, qui encaisse et continue d'avancer. Le genre d'homme qui prends tout en pleine gueule sans jamais se plaindre. Et qui un jour sort le fusil à pompe et explose toutes têtes passant par là. Comment cette présence pouvait lui faire plaisir alors que tout l'appartement sentait le renfermé et les tensions. Je me sentait comme obligé de lui dire que Woodstock dérapait complètement, que depuis le mariage il était devenu encore plus con, et qu'il ne tarderait pas à partir de ce lieu qui renfermait trop de secrets ? « Tu devrais pas t'inquiéter pour moi. Tu devrais plutôt t'inquiéter pour ta sœur, pour le sale temps, pour ce que tu veux. Mais j'ai pas besoin qu'on s'inquiète pour moi, mon patron s'en occupe déjà assez. » Dire que ce con me forçait à consulter depuis huit semaines. Il y avait de toute façon trop de problèmes dans les vies de chacun pour qu'il perde son temps à régler une affaire que personne ne pourrait régler. On ne ramène pas les morts à la vie. Quand ils sont morts, ils sont morts. Je tendais le bras pour attraper de quoi me remplir encore quand il reprit la parole, brisant toutes les dernières défenses de mon âme. Je n'avais qu'une envie: craquer. Me mettre à pleurer comme un enfant, me serrant contre la chaleur de son corps comme pour annihiler la souffrance. Je me levais d'un bon, passant une main tremblant sur mon visage alors qu'un sourire s'y faufilait, sourire nerveux, grinçant. Un sourire qui n'avait rien à foutre là mais qui m'empêchait de craquer pour de bien et de me briser sur place. Quand j'ouvris ma bouche ma voix se perdit dans des sons que je ne lui connaissais guère. Étonné, je me mit pourtant à parler de ce fil saccadé et peu sur de mots cinglant. « Je-. Non, tais toi. Tais toi Luke, tu dis n'importe quoi. » Je repris mon souffle, heureux de voir que je savais encore le faire. Je refusais d'être une boule de nerfs, et pourtant mon corps refusa de m'obéir. Il lui arrivait souvent de se rebeller depuis cette folle course entre son appartement et cette chambre d'hôpital vide. « Parler ne me fera pas du bien, tu comprends ? C'est impossible, ça ne marche pas comme ça. » Encore une longue bouffée d'air. Ce qu'il faisait chaud dans ce foutu appartement. Je me calmais enfin, du moins un peu. « Tu veux que je te dise quoi, la vérité ? Qu'avant ton arrivée j'étais sur le point d'ouvrir la première bouteille d'alcool venu ? Que je ne dors plus depuis deux mois ? Deux putains de mois ?! Tu voulais que je te dise tout ça pour me sentir bien ? Désolé de te décevoir mais ça n'aide pas. J'ai... » Je coupais la ma furie, soudainement vide de la moindre colère. Il fallait parler pourtant, tout dire. C'est ce qu'il voulait, la vérité hein ? À voir si il y ferait face sans scier. Moi j'avais encore du mal à le faire. « Je viens d'enterrer ma fiancée. » La voix qui venait de parler, d'un ton neutre et plat, n'était plus mienne. Je n'étais plus mettre de moi, l'avais-je vraiment été ? Mon regard dans le vide, j'entendis sa voix. Je restais immobile, me disant que jamais je n'aurais du ouvrir la porte.
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Lun 27 Jan - 18:49

Je pouvais comprendre sa réaction, sa façon de me pousser, d'essayer de me convaincre quand j'avais tout faux quand tout chez lui m'affirmait que ma présence était justifiée, que je n'étais juste pas un emmerdeur qui était en train de lui gâcher sa matinée. Il s'acharnait à me dire que je n'étais pas sensé m'inquiéter. Il me prenait véritablement pour un idiot. C'était sans doute une question de fierté. J'avais déjà été comme ça, mais ça me faisait de la peine plus que ça m'énervait, car je le sentais vraiment dans la détresse et j'estimais suffisamment le connaître pour ne pas être à côté de la plaque sur ce point-là. Je n'osais pas r'ouvrir la bouche, mais mon regard parlait pour moi. Les mots n'étaient devenus qu'optionnels. J'avais plus l'air jovial, feignant de prendre las situation à la légère. Voilà, il était en train de vraiment m'inquiéter et sa réaction me rendait mal-à-l'aise, confus. Mal. J'étais mal tout simplement. Pas autant que lui, mais soit. Il se leva brusquement et je fronça les sourcils, désarçonné. Il y avait un truc d'inquiétant dans sa façon de bouger et dans sa voix lorsqu'il reprit la parole. Quelque chose qui me donnait vraiment des frissons. Il fallait que je sache maintenant, car j'allais pas pouvoir repartir tout simplement et feindre de ne pas l'avoir vu dans cet état. Moi ? Je disais n'importe quoi. Il se foutait vraiment de ma gueule, mais je ne lui rentrais pas dedans, car cela aurait été inadapté. Visiblement, il essayait de mettre une barrière entre nous. Je baissais les yeux, comme pour lui faciliter la tache vu que visiblement, j'aidais vraiment pas. Il r'ouvrit la bouche. Chaque mot me faisait l'effet d'une baffe en pleine figure. Il ne m'attaquait pas moi, clairement, mais c'était la prononciation. J'avais peur de le regarder, limite. On y était, il admettait que quelque chose n'allait pas. Il ne dormait pas. Quand on ne dort pas, c'est qu'on réfléchit trop, que quelque chose nous pèse. Je releva la tête, profitant qu'il s'arrête pour le pousser gentiment à continuer, mais il ne m'attendit pas pour cela et me cracha finalement ce qui le chagrinait à ce point. J'en resta bouche-bée. Je m'attendais à une rupture, une rupture douloureuse, mais ça. Je déglutis nerveusement. J'allais plus rien pouvoir avaler, c'était fini. « Ju' » articulais-je difficilement. J'avais l'impression de ne plus réussir à parler et si j'essayais de me lever, j'avais le sentiment que j'allais me retrouver les quatre fers en l'air. Et c'était pas ma fiancée à moi qui était décédée. J'avais envie de prendre mon cousin dans mes bras, car c'est ce qu'on faisait, chez moi. Ma mère avait cette habitude : dès lors qu'un sentiment nous tombe dessus, l'étreinte s'impose. Mais il me semblait si loin que... Je ne fus capable que de reprendre la parole pour prononcer quelque chose qui ne lui rendrait pas sa femme et pourtant dieu sait que j'aurais fait n'importe quoi pour la lui ramener si ça avait été dans mes cordes. « Je suis vraiment désolé. »
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Mar 28 Jan - 22:00


› and it's all over much too soon.
Mon corps allait exploser d'une minute à l'autre, répandant dans tout l'appartement une pluie rose et brumeuse qui à coup sur ruinerait les peintures. Mais je ne pouvais pas me calmer, je n'y arrivais pas. Inspirer, expirer. Joleen m'avait prévenue que la suite serait compliquée, que les premiers mois de deuils seraient une véritable torture. Je ne l'avais pas assez cru, m'étonnant désormais de la puissance de mes souffrances. Et Luke qui restait là, inflexible, tentant par tout moyen de sembler normal. Je le savais qu'il était inquiet, pourtant je ne parvenais pas à me contrôler malgré mon envie de soulager ses craintes. Il me connaissait trop bien pour mes croire, tant pis. Je l'emporterais dans ma terrible chute, tachant pour de bon son cœur d'une encre noire de douleur. Cette empathie que vivent les membres les plus proches de votre famille. Cet amour qui les détruits lorsque c'est vous qui souffrez. Et je refusais de lui infliger ça, pas à lui, pas comme ça. C'est peu être pour ça que je fini par craquer, lui avouant la terrible vérité. Ma voix n'était plus mienne et je me fis peur à moi même. Il me comprendrait, lui même avait déjà vécu le deuil. Je me souvenais encore de nos longues soirées passés ensembles à parler posément de son père, de ses regrets et de son futur. J'avais eu ce besoin de le protéger, je ne pouvais décemment lui interdire de me rendre l'appareil. Pourtant son ton désolé m’irrita plus que de raison. Et cette phrase balancée avec une pitié palpable me fit rire d'un rire mauvais. « T'es désolé. Qu'est-ce que peux m'en foutre Luke que tu sois désolé. Si tu savais le nombre de gens qui m'ont dit ça, "j'suis désolé". Mais ça n'aidera pas d'être désolé. Ça ne la ramènera pas. » Son ton avait été plus sec que jamais alors qu'il partait dans la cuisine se servir un verre d'eau, les mains tremblantes. Le verre sous le robinet d'eau froide lui glissa des mains, venant s'entrechoquer contre l'évier. Julian le regarda faire, se demandant si il se briserait. Mais non, rien. Il souffla, ferma les yeux et passa une main sur son visage. « Je suis désolé. Je ne devrais pas... Pas de parler comme ça. » Il se tourna vers le salon, les yeux posés au sol, honteux. « J'me comporte comme un idiot depuis deux mois, je deviens complètement horrible. Je fais pas exprès, c'est juste que... C'est terriblement compliqué de faire semblant que tout va bien alors que mon seul souhait serait de m'éteindre moi aussi. »
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MessageSujet: Re: and it's all over much too soon + luke Mer 29 Jan - 8:04

Est-ce qu'il avait ressentit ce même sentiment de peur, d'impuissance, quand mon père était mort, que j'étais incapable de regarder qui que ce soit en face, moi qui avait l'habitude de bien plonger mon regard dans celui de mon interlocuteur. Voilà, je me sentais impuissant et stupide. J'ignorais quoi faire, quoi dire. Je ne parvenais pas à dire ce qui était susceptible de l'énerver, ou de l'apaiser. Lorsqu'il se mit à crier sur moi, j'eu toutes les peines du monde à bien le prendre. Je savais qu'il ne fallait pas que je me vexe, qu'il était pas dans son état normal, que le chagrin du deuil obscurcissait tout. N'empêche que ça faisait mal quand même. Enfin, je lui en tenais pas rancune. Ca aurait particulièrement con de ma part. Il fallait que passe au delà de mon propre ressentit pour me concentrer sur le sien et même si je l'adorais, c'était pas si simple. L'inconvénient d'avoir été bien trop choyé. J'étais resté un gamin, souriant, mais dans le fond assez craintif. J'avais pas été préparé à la difficulté, c'est dans ce genre de moments que je le comprenais. Alors j'avais perdu mon père et ça m'avait un peu endurci, dieu merci sinon qui sait je serais peut-être en larmes, mais ça restait difficile. J'étais d'accord avec lui. Être désolé, c'est stupide, car ça change rien. Ca change rien du tout. Mais dans ce genre de moments, c'est tout ce qu'on a. Et ça fait foutrement mal. Je serre les fesses, encore incapable de me lever alors qu'il va se faire couler un verre d'eau. J'entendis le verre tomber dans l'évier et ma gorge se serra. Je me releva, le regard trouble. Ma démarche avait changer, elle semblait plus hésitante et plus lourde surtout, j'avais plus grand chose du prof de danse gracieux que j'étais pourtant. Il me bafouille des excuses avant de se retourner. Je le rejoins mais le contourne, coupant l'eau et rattrapant le verre. Je le repose avant de revenir lui faire face. « T'inquiètes je comprend. Je sais que ça fait mal, mais je te jure que ça va devenir plus vivable. C'est juste, une très sale passe, puis tout te semblera nettement moins noir. Et nous... Et bien on est là pour rendre ça moins pénible, même si y a pas de solution miracle. » J'hausse les épaules. Je me suis efforcé de prendre une voix plus neutre et de rester en recul. Car la dernière fois que j'ai essayé d'aller vers lui, je me suis fait salement repoussé. Sauf que c'est un risque à prendre. Je relève mon regard, le plantant dans le sien. « Ca va aller. Je vais te prendre dans mes bras maintenant. Me repousse pas » le prévins-je avant de m'approcher de lui et de l'entourer de mes bras, l'étreignant. Je sais que ça peut paraître humiliant, pas très viril, mais qu'est-ce qu'on s'en fou. Et puis, personne risque de le voir alors j'espère qu'il réagira pas trop bêtement.
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